L'Open VLD va présenter à ses membres une proposition qui a pour ambition de redessiner en profondeur les élections nationales. Le parti libéral flamand veut introduire une circonscription fédérale afin que tous les Belges puissent voter pour les mêmes candidats. Pour la N-VA, cette proposition vise avant tout à "sécuriser le poste de Premier ministre d'Alexander De Croo".
L'Open VLD propose d’introduire une circonscription fédérale aux élections
La personnalité ayant récolté le plus de voix du parti le plus important deviendrait alors automatiquement formateur et, si tout se passe bien, Premier ministre. "De cette manière, nous voulons éviter des mois d'impasse après les élections", explique Bart Somers, figure de proue du parti flamand. Plus besoin dès lors d'informateurs, d'éclaireurs, de démineurs ou de clarificateurs, si cela ne dépendait que de l'Open VLD.
Le parti présentera cette position à ses membres lors de son congrès du 12 au 14 mai.
Ce système est très similaire à celui qui sera utilisé pour la première fois lors des élections locales de 2024. Cependant, pour pouvoir appliquer une même méthode au niveau belge cette fois, une circonscription fédérale doit d'abord être établie. Les libéraux flamands proposent donc que 20 des 150 sièges de la Chambre soient élus au niveau fédéral. Chaque parti devrait y présenter un candidat au poste de Premier ministre.
Pour s'assurer qu'un gouvernement soit rapidement formé, les libéraux veulent ajouter un délai limite. Un formateur disposerait ainsi d'un mois pour rédiger un accord de coalition. En cas d'échec, le droit d'initiative reviendrait alors à la deuxième liste la plus populaire, et ainsi de suite. S'il n'y a toujours pas de gouvernement au bout de six mois, de nouvelles élections seront automatiquement organisées.
"Une tentative de sécuriser le poste d’Alexander De Croo plutôt que de renforcer la démocratie", selon la N-VA
Opposée par principe à l'instauration d'une circonscription fédérale unique, la N-VA a sans surprise rejeté les modalités que l'Open VLD a proposées mardi pour réactiver ce serpent de mer de la politique belge.
Cette piste, qui ouvrirait la voie à des listes unissant des partis dans les deux grandes Communautés du pays, n'est pas du goût de la N-VA. "À chaque fois, il apparaît que ce sont les partis francophones qui bloquent des réformes fortes, et l'Open VLD les récompense aujourd'hui", a réagi le député Sander Loones (N-VA). Il critique au passage la disposition de l'Open VLD à refédéraliser certains pans de compétences, "afin de pouvoir en décider avec le PS et Ecolo".
À ses yeux, la circonscription fédérale "fait le jeu de ceux qui ne veulent pas de grandes réformes et défendent le statu quo". Elle constituerait même un verrou supplémentaire contre "les Flamands".
En outre, la N-VA voit dans cette proposition une tentative des libéraux de sécuriser le poste du Premier ministre actuel. "L'Open VLD essaie de se doper à l'aide d'une liste unitaire grâce à leur parti frère plus puissant (le MR, NDLR), il est donc davantage question du poste d'Alexander De Croo que de renforcer la démocratie", affirme le parti nationaliste flamand.
