Malgré la création de places supplémentaires d’accueil en divers endroits du pays, le nombre de demandeurs d’asile qui attendent de recevoir un hébergement ne diminue pas en Belgique. Selon Fedasil, quelque 624 hommes célibataires n’ont pu être hébergés au cours du mois de mars après leur enregistrement à l’Office des étrangers. Pour beaucoup d’entre eux, cela signifie qu’ils doivent dormir à la belle étoile ou dans des squats. Au total, quelque 2.700 demandeurs d’asile attendent encore de se voir allouer une place d’accueil par Fedasil.
La crise de l’accueil perdure : plus de 600 demandeurs d’asile n’ont pu être hébergés en mars
La crise de l’accueil dure depuis un an et demi dans notre pays, avec un manque chronique de places dans le réseau de Fedasil pour héberger les demandeurs d’asile enregistrés. Les hommes célibataires se retrouvent ainsi presque systématiquement à la rue. C’était encore le cas au mois de mars : 624 hommes seuls qui ont droit à une place d’accueil après s’être fait enregistrer à l’Office des étrangers n’ont pas reçu d’hébergement. Cela représente 70 personnes de plus qu’en février dernier.
Les demandeurs d’asile peuvent se faire inscrire sur une liste d’attente, mais avant de recevoir un logement ils doivent chercher eux-mêmes une solution de fortune. Nombre d’entre eux dorment donc dans la rue ou des squats (photo). Au total, quelque 2.700 personnes attendent actuellement un lit, la possibilité de se laver et à manger. Ce nombre reste assez stable depuis plusieurs mois. La liste d’attente ne rétrécit donc pas.
Quelque 1.594 autres demandeurs d’asile ont par contre reçu une place d’accueil au mois de mars. "Il s’agit de femmes seules, de familles, d’hommes vulnérables, mais aussi de personnes qui figuraient sur la liste d’attente et ont été priées de se présenter pour recevoir une place d’accueil", indiquait Fedasil à VRT NWS.
La Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Nicole de Moor (photo), souligne que la recherche de nouvelles places d’accueil se poursuit. "En outre, le conseil des ministres a approuvé il y a deux semaines un paquet de mesures structurelles qui doivent permettre d’empêcher que des personnes dont la procédure d’asile est terminée ne puissent rester plus longtemps dans un lieu d’accueil, en entamant de nouvelles procédures par exemple. Nous travaillons aussi à une sortie plus rapide de demandeurs d’asile qui séjournent depuis plus de 3 ans dans un lieu d’accueil".
La crise est moins visible
Un certain nombre d’endroits illustraient ces derniers mois la crise de l’accueil en Belgique, comme le squat insalubre de la Rue des Palais à Bruxelles, le camp de tentes (photo) voisin du Petit château et le bâtiment qui devra accueillir le Centre de crise national dans la commune de Saint-Josse-Ten-Noode. "Mais depuis que le futur Centre de crise a été évacué, la crise de l’accueil est devenue moins visible pour le public", indiquait Thomas Willekens de l’organisation Vluchtelingenwerk Vlaanderen qui soutient les demandeurs d’asile. "Beaucoup de demandeurs d’asile sans place d’accueil disparaissent des radars, ce qui ne fait qu’accroitre leur vulnérabilité. Cela peut entrainer des exploitations et des abus à leur encontre. Cela nous inquiète beaucoup".
Selon Willekens, un nombre croissant de demandeurs d’asile cherchent à l’avance une place d’accueil, chez des amis ou de la famille. "Ils savent qu’ils risquent sinon de se retrouver à la rue. Nous apprenons aussi parfois que de nouveaux squats se sont créés. Et puis une partie des demandeurs d’asile sans hébergement poursuivent probablement leur route".
Des demandeurs d’asile dans les rues de Gand et Anvers
Les demandeurs d’asile à la recherche d’une place d’accueil ne restent pas tous à Bruxelles. Certains se rendent à Anvers ou Gand, notamment.
Selon Kathleen Torfs de l’association "Gent Samen Solidair", il y aurait environ 200 demandeurs d’asile sans abri à Gand (Flandre orientale). "Ils dorment dans la rue, dans des squats ou sur le canapé chez des connaissances. Le travail de notre organisation et de toute une série d’autres initiatives citoyennes est mis sous pression. Les coûts pour l’aide médicale et la distribution de nourriture augmentent de plus en plus", indiquait Kathleen Torfs à VRT NWS.
Le Centre de conseil en matière de Migration de la ville d’Anvers reçoit aussi chaque semaine la visite d’un ou deux demandeurs d’asile à la recherche d’une place d’accueil. "Ce chiffre est probablement sous-estimé car souvent les demandeurs d’asile ne nous consultent pas", indique la responsable d’équipe Grietje Cant. Le nombre de demandeurs d’asile sans abris qui se trouvent actuellement à Anvers est donc vraisemblablement plus élevé.
"Pour ce qui est de l’accueil, nous ne pouvons qu’aider les demandeurs d’asile en leur trouvant un avocat qui va défendre leurs droits à l’accueil devant un tribunal. Notre centre ne peut pas faire davantage".

