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Jan Jambon n’apprécie pas le label "Ramadan-friendly" adopté par certains lieux culturels bruxellois

A l’occasion du mois du Ramadan, une vingtaine de lieux culturels bruxellois, dont le Beursschouwburg ou la Kaaitheater, se sont proclamés "Ramadan-friendly", un label pour assurer l'accueil et le respect du public musulman pendant cette période du Ramadan. Il s'agit notamment d'avertir à l'avance de la présence de violence, de nudité ou de musique dans un spectacle. Ces lieux culturels sont subventionnés par la ministère flamand de la culture. Et selon Het Laatste Nieuws, le ministre flamand chargé de la Culture, Jan Jambon (N-VA), n’apprécie pas cette initiative.

Eric Steffens
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"Une telle ingérence religieuse dans la pratique culturelle et artistique me semble très problématique", écrit-il dans une lettre adressée aux maisons de la culture flamandes. Il craint que l'initiative ne conduise à une forme d'autocensure parmi les créateurs de culture. 

Cette question a également irrité le chroniqueur et historien Luckas Vander Taelen dans un article d'opinion paru la semaine dernière dans le journal De Morgen.

"Il s'agit d'un pas discutable vers l'ingérence religieuse dans la libre création et l'expérience de l'art", a écrit Lukas Vander Taelen le 30 mars dernier, une semaine après que le label "Ramadan-friendly" ait été proposé. "Jamais cela n'aurait été accepté lorsque l'on s'est battu pour réduire l'influence de l'Église catholique en Belgique. Il n'y a aucune raison d'adopter une position différente à ce sujet en 2023, et certainement pas d'un point de vue artistique." 

Le ministre président flamand Jan Jambon qui est également compétent pour la culture, suit ce raisonnement. "Il s'agit de mettre en garde le public, mais cela peut aussi conduire à une forme d'autocensure parmi les créateurs de culture. Alors que la culture devrait simplement exciter, défier et surprendre. A mon avis, cela témoigne aussi d'une vision un peu paternaliste de l'acteur culturel".

Jan Jambon craint que, malgré les bonnes intentions, la mesure ne crée davantage de préjugés et de méfiance mutuelle. 

Kaaitheater : "Eviter que des gens vivent une expérience désagréable"

Le Kaaitheather, partisan du label, a souligné dans Het Laatste Nieuws qu'il ne s'agissait que d'avertissements "pour éviter aux gens de vivre une expérience désagréable".

"La devise du Kaaitheater est "How to be many ?", explique Barbara Van Lindt dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1. "Nous voulons rendre notre offre plus accessible et supprimer les obstacles. Par exemple, il y a déjà eu notre campagne "payez ce que vous pouvez". On a donc posé la question suivante à des personnes du monde culturel et à des membres du public : pouvons-nous supprimer les obstacles pour les personnes qui participent activement au ramadan ? Il en est ressorti une série d'interventions possibles, qui sont maintenant répertoriées en ligne.

Pour les signataires de la charte, "Ramadan-friendly", il s’agit de proposer une série d’outils et de bonnes pratiques dans une démarche inclusive et de lutte contre les discriminations, alors qu’une partie significative du public, des collaborateurs de ces centres culturels et des artistes sont de confessions musulmanes".

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