Aller au contenu principal
La frégate de la marine belge Léopold Ier

La Belgique et les Pays-Bas commandent quatre frégates pour un montant plus élevé que prévu

La Belgique et les Pays-Bas ont annoncé lundi la commande de quatre frégates, des bâtiments de guerre appelés à former au tournant de la décennie l'ossature de leur marine, pour un montant de plus de quatre milliards d'euros au total, largement supérieur aux estimations initiales, mais avec des retombées économiques de plusieurs centaines de millions d'euros pour l'industrie belge.

Eric Steffens Belga
Publié:

Cet achat a été approuvé vendredi par les conseils des ministres des deux pays, mais la décision n'a été révélée que lundi, par un communiqué de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), à Bruxelles, et dans une lettre adressée par le ministère néerlandais de la Défense à la deuxième chambre (la chambre basse du parlement de La Haye).

L'achat des deux frégates coûtera à la Belgique environ deux milliards d'euros, soit plus cher que le 1,2 milliard prévu en 2018. Une partie du surcoût est due à l'inflation, une autre à la décision de la ministre de la Défense d'équiper entièrement les frégates, tant en termes d'armement - avec donc finalement deux ensembles de lancement vertical de missiles VLS - que de capteurs à bord, a indiqué son ministère dans un communiqué.

"Le budget initial pour le remplacement de nos frégates n'était pas suffisant pour équiper complètement nos navires. Le coût supplémentaire est important mais, en tant que ministre responsable, je ne pouvais permettre que notre Marine ne dispose pas de frégates entièrement équipées. Avec les nouveaux navires de lutte contre les mines, notre composante Marine sera dotée du meilleur matériel. J'ai appliqué ce même principe pour les nouvelles frégates. Je me suis donc assurée que notre Marine disposerait du meilleur équipement - identique à celui des Néerlandais - pour accomplir ses tâches", a souligné Mme Dedonder (PS).

Une durée de vie d'une quarantaine d'années

La marine néerlandaise fera également construire deux frégates ASW identiques, afin de renouveler la flotte commune à partir de 2029. La Haye a prévu un budget de 1,883 milliard d'euros pour cet achat.

Selon la ministre, "compte tenu de ce coût supplémentaire considérable, les Pays-Bas se sont engagés à renforcer davantage la coopération industrielle durable entre nos deux pays dans les années à venir. Par exemple, 355 millions d'euros de commandes seront passées auprès de l'industrie belge".

"C'était très important pour moi, Nos pays sont étroitement liés l'un à l'autre, tant sur le plan militaire qu'industriel. Avec cet engagement, nous renforçons encore nos liens et nous restons, en tant que Belgique et Pays-Bas, un modèle de coopération européenne", a déclaré Mme Dedonder.

Ces navires spécialisés dans la lutte anti-sous-marine - d'où leur nom d''"Anti-Submarine Warfare Frigates" (ASWF) - seront toutefois capables de faire face aux menaces aériennes et de surface, ce qui leur conférera une grande polyvalence, pour une durée de vie prévue d'une quarantaine d'années, a expliqué un spécialiste du dossier à l'agence Belga.

Les frégates ASWF: taillées pour la lutte anti-sous-marine, mais polyvalentes

Les futures frégates belgo-néerlandaises seront spécialisées dans la lutte anti-sous-marine - d'où leur désignation d'"Anti-Submarine Warfare Frigate" (ASWF) - dans le cadre d'un programme dirigé par les Pays-Bas et qui porte sur quatre bâtiments capables toutefois de mener toute une série de missions.

Les frégates mesureront 145 mètres de long, plus de 17 mètres de large et seront servies par un équipage de 115 personnes, selon Mme Dedonder et 117 selon le secrétaire d'État néerlandais à la Défense, Christophe van der Maat. Elles pourront aussi accueillir 35 militaires supplémentaires qui peuvent être ajoutés pour effectuer des missions spécifiques, comme l'accueil d'une équipe d'abordage - "boarding" en jargon" - ou d'un état-major multinational.

Le ministère néerlandais de la Défense a souligné, dans la lettre adressée au parlement de La Haye, que le "projet définitif a un déplacement d'environ 6.400 tonnes".  

En savoir plus

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5