Le nouveau parti Blanco considère qu’un nouveau choix de vote doit être proposé aux électeurs qui ne souhaitent pas soutenir l’offre politique proposée : un siège vide dans l'hémicycle du Parlement, en signe de protestation. Le programme de ce parti ne compte pas d’autres points. Une fois élus, les représentants de Blanco s'abstiendront lors de chaque vote. "Notre objectif est d'avoir une représentation pour chaque vote de protestation exprimé sans avoir besoin d'un parti".
Le nouveau parti Blanco veut donner une visibilité au vote protestataire en Belgique
Lors des élections de 2019, plus d’un million de citoyens belges en âge de voter ne se sont pas rendus aux urnes, ou ont voté blanc ou nul. Or, ces votes ne sont pas pris en compte au moment de l’attribution des sièges parlementaires. Dès lors, à chaque élection fédérale, des centaines de milliers de votes ne jouissent d’aucune représentativité au sein du Parlement, ce qui est antidémocratique, c'est du moins le raisonnement du nouveau parti baptisé Blanco.
Les votes blancs et nuls pris en compte
Ce parti n'a donc qu'un seul point de programme : modifier le système électoral afin que les électeurs puissent voter pour un siège vide au parlement. Avant d'y parvenir, il souhaite se présenter lui-même aux élections pour représenter ce siège vide. "Nous serons présents dans l'hémicycle et nous nous abstiendrons lors de chaque vote", explique le fondateur de Blanco Laurent Ryckaert. "Nous ne participerons pas non plus aux commissions et ne voterons que pour notre propre projet de loi.
"Une fois notre objectif atteint, le Parti Blanco n'aura plus de raison d'être, nous ne présenterons plus de listes électorales et nos élus commenceront à chercher un autre travail", poursuit le texte. "Nous devrions disparaître le plus rapidement possible.
"Je ne me reconnais dans aucun parti politique"
Le fondateur du parti est Laurent Ryckaert. Il ne s'est retrouvé dans aucun parti politique existant. "J'ai déménagé de Bruxelles en Flandre et j'ai vu qu'il y avait beaucoup de votes blancs", explique-t-il à la VRT. "Je me suis demandé comment nous pourrions représenter ce vote au parlement. La seule solution est de créer un parti aussi neutre que possible".
Laurent Ryckaert a remarqué un nombre croissant de personnes intéressées, comme Raf Lens. Il se décrit comme un "sans-abri politique". " Je ne me reconnais dans aucun parti politique depuis des années. Je veux contester la culture politique actuelle, mais je ne veux pas le faire en votant pour un parti (dit extrême) qui ne mérite pas mon soutien et qui utiliserait à tort mon vote de protestation pour soutenir son programme", écrit-il sur le site internet de Blanco.
Blanco a présenté quelque 13 candidats et cherche également à se présenter aux élections fédérales. Mais Blanco n'est pas encore un parti officiel. Pour cela, il a besoin de 77 candidats : sept pour chacune des 11 circonscriptions.
Un travail de longue haleine
Pour figurer sur les bulletin de vote, les candidats de Blanco doivent également recueillir suffisamment de signatures dans chaque circonscription. Pour les circonscriptions flamandes et la circonscription de Bruxelles-Capitale, par exemple, ils ont besoin de 500 signatures chacun. Pour être éligible dans l'ensemble du pays, il leur faut 4 700 signatures au total. S'ils n'y parviennent pas, ils peuvent également essayer d'obtenir les signatures d'au moins trois députés sortants.
Ensuite, pour obtenir un siège au parlement, ils doivent atteindre le seuil électoral. Pour ce faire, ils doivent obtenir 5 % des votes valides dans une circonscription. Mais même s'ils y parviennent, il reste à savoir comment ils modifieront la loi électorale. Cela nécessitera un amendement constitutionnel, qui devra notamment être approuvé par les deux tiers de la Chambre des représentants. "Il s'agit d'une tâche importante", déclare Laurent Ryckaert. "Nous devons étudier la question avec des experts, des philosophes et des constitutionnalistes.
En conséquence, le parti affirme que les députés élus ne renonceront pas à leur rémunération parlementaire. Ils se contenteront d'utiliser les subventions du parti pour le financer. "Les subventions reçues ne servent qu'un seul projet : modifier la Constitution. Une fois cet objectif atteint, le solde des caisses du parti sera reversé à des œuvres caritatives".
