"La police d'Anvers n'a relevé aucune preuve concrète de menaces à l'encontre du "l’iftar queer" qui devait se tenir à la salle De Roma le 31 mars prochain". C'est ce qu'a déclaré le bourgmestre Bart De Wever (N-VA) lors du conseil communal d'Anvers. Bart De Wever s'en est également pris aux organisateurs à savoir la salle De Roma et l’asbl Merhaba vzw, qui, selon lui, ne coopèrent pas à l'enquête de police.
Bart De Wever affirme qu'il n'y a pas de preuves de menaces concrètes contre l’"iftar queer" à la salle De Roma à Anvers
"C'est une affaire particulièrement pénible qui a un arrière-goût amer et qui va rester encore pendant un certain temps". C'est par ces mots que le bourgmestre Bart De Wever (N-VA), visiblement agacé, a conclu le débat au conseil communal sur l'annulation du Queer Iftar à la salle De Roma à Borgerhout.
Le 31 mars, soit une semaine après le début du ramadan, un iftar queer devait se tenir au Roma, un centre culturel du quartier anversois de Borgerhout. Son annulation a déclenché une tempête dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le centre culturel et l’association bruxelloise Merhaba ont en effet annoncé qu’ils renonçaient à organiser cet événement, pour des raisons de sécurité.
Les musulmans de la communauté lgbtqia+ étaient censés y célébrer ensemble un iftar, un repas pris après le coucher du soleil pendant le mois de jeûne du ramadan. Mais, après avoir reçu des messages négatifs et agressifs sur les réseaux sociaux les organisateurs ont décidé d'annuler l’événement.
"La police n'a trouvé aucune preuve de menaces"
"La police n'a trouvé aucune preuve de menaces ou d'intimidation", a déclaré Bart De Wever au conseil communal d'Anvers. "Si vous parlez de messages négatifs, comme le font les organisateurs, la police en trouve toujours des traces en ligne. Or, nous ne trouvons rien. Nous voyons des commentaires négatifs, mais ils relèvent de la liberté d'expression".
"Même si ces commentaires proviennent d'une perspective religieuse ou autre, ces personnes ont droit à leurs opinions. Et même si je ne suis pas du tout d'accord avec les personnes qui émettent des réserves sur un iftar pour les personnes d'une certaine orientation sexuelle, elles ont le droit d'avoir une opinion différente. C'est un aspect du débat qui m'a échappé. Mais nous n'avons pas trouvé de menaces ou d'intimidations provenant de milieux religieux ou xénophobes.
"La salle De Roma ne coopère pas avec la police"
Bart De Wever a longuement dénoncé l'attitude des organisateurs l’asbl Merhaba et la salle De Roma, qui ont annulé l'iftar. Selon lui, "ils ne veulent pas dire à la police quelles menaces ils ont reçues, de quelle manière et sous quel angle. "C'est tout de même ridicule. Dans le même temps, on assiste à l'émergence d'un débat social sur la base d'informations non confirmées, où la communauté musulmane en particulier est dépeinte sous un certain jour", déplore Bart De Wever.
"Si les organisateurs de l'iftar queer avaient demandé l'aide de notre police, nous l'aurions fait. S'ils nous avaient demandé de trouver un endroit plus discret et plus sûr, nous les aurions aidés avec plaisir. Mais rien de tout cela ne s'est produit, l'événement a tout simplement été annulé", a conclu De Wever. Le conseil communal d'Anvers a néanmoins souligné qu'il soutiendrait pleinement toute initiative visant à organiser un nouvel Iftar pour les homosexuels.
"De lourdes menaces personnelles"
La direction de la salle De Roma a réagi en réfutant les déclarations de Bart De Wever. "Nous avons consulté la police à plusieurs reprises. Nous voulions avant tout créer un lieu sûr pour l'Iftar Queer. Mais si certaines personnes indiquent elles-mêmes que l'atmosphère devient si pesante qu'elles n'en ont plus besoin, nous n'allons pas nécessairement organiser un iftar non plus. Cela va à l'encontre de l'objectif de ce lieu sûr", explique Danielle Dierckx, de De Roma.
Elle nie catégoriquement qu'il n’y ait pas eu des menaces. "Il s'agit de menaces personnelles sérieuses, mais il appartient aux personnes concernées de porter plainte. Ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent. "J'ai un problème avec le fait que le bourgmestre pense que nous avons annulé cet iftar sans raisons. C'est faire preuve de peu d'empathie", conclut Danielle Dierckx.

