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Nouveau plan contre la pénurie d’enseignants : des profs invités et des travailleurs d’entreprises dépêchés dans les écoles

Le ministre flamand de l’Enseignement Ben Weyts propose un nouveau paquet de mesures qui, selon lui, doivent permettre de contrecarrer la pénurie criante d’enseignants dans les écoles néerlandophones. Les entreprises pourront ainsi “prêter” des travailleurs aux établissements scolaires et les écoles pourront de leur côté faire appel à des profs invités. Le ministre affirme comprendre que ces mesures n’apporteront pas à elles seules le salut. "Mais nous continuons à petits pas à chercher des solutions, de façon créative", déclarait Ben Weyts dans l’émission "De ochtend" (Radio 1).

Anne François
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D’après les derniers chiffres en date du VDAB (le Service flamand pour le placement et la formation professionnelle), il y a actuellement 3.000 postes d’enseignants qui restent vacants dans les écoles néerlandophones. Dans la pratique, la pénurie est encore plus criante, les écoles ne publiant pas toutes des offres d’emploi auprès du VDAB.

Le ministre de l’Enseignement Ben Weyts lance donc quelques nouvelles mesures pour contrecarrer cette pénurie qui a déjà un impact sur la qualité de l’enseignement, du moins dans certains établissements. "Des professeurs invités pourront venir donner cours dans toutes les écoles, y compris dans le primaire. Ils pourront créer un pont entre les entreprises et les écoles. De nombreuses écoles ont en effet des postes vacants pour quelques heures seulement, comme par exemple 5 heures de français et 6 heures de maths. Les entreprises pourront impliquer leurs collaborateurs dans des écoles, en plus de leurs heures de travail. Cela permettra aux écoles de former leurs futurs enseignants", indiquait Ben Weyts (photo) ce mardi matin sur Radio 1 (VRT).

Certificat d’aptitude pédagogique

Le ministre propose aussi de permettre, dès l’année scolaire prochaine, à des écoles de conclure des "contrats de service" avec des entreprises. "Dans le cas d’une restructuration, les entreprises peuvent alors donner un autre emploi - en partie ou à temps plein - à des membres de leur personnel. Ces derniers conservent leur salaire complet, tout en donnant cours dans des écoles. Celles-ci paient alors le coût salarial de l’enseignant, et l’entreprise ajoute le reste", expliquait Ben Weyts.

Le ministre estime que c’est une solution qui profite à tout le monde. "Les travailleurs du secteur privé ont d’autres connaissances et une autre vision. Les enseignants peuvent leur donner une meilleure vue de la réalité". Les travailleurs qui seront ainsi détachés à temps partiel ou temps plein devront cependant pouvoir présenter une attestation d’aptitude pédagogique. "Nous visons les gens qui ont suivi une formation d’enseignant, mais qui ne travaillent actuellement pas dans l’enseignement".

Les personnes qui seront détachées par une entreprise ne se retrouveront pas seules devant une classe. "Nous collaborons actuellement avec les formations d’enseignants existantes, pour y inclure davantage de coaching. Mais nous songeons aussi à un "kit du débutant" avec des conseils didactiques", indiquait le ministre Weyts.

D’abord une concertation sociale

Les propositions du ministre de l’Enseignement doivent d’abord encore être négociées avec les partenaires sociaux. Il compte sur une certaine "ouverture d’esprit dans l’approche de toutes les mesures qui pourraient contribuer à lutter contre la pénurie d’enseignants".

Le syndicat chrétien craint, pour sa part, que les propositions du ministre ne mettent encore davantage sous pression les enseignants qui sont au travail. "Si les nouveaux venus posent des conditions, notamment à propos de leurs tâches, cela voudra dire que les enseignants devront encore assumer les surveillances, les réunions, les remplacements de collègues absents, notamment".

L’organisation patronale Voka se dit satisfaite des propositions. "Les entreprises sont enthousiastes pour participer au projet. Ce n’est cependant pas une solution magique, car les entreprises manquent elles-mêmes souvent aussi de personnel", soulignait l’administrateur délégué Hans Maertens.

"Toutes les mesures sont les bienvenues, mais un pacte carrières à long terme reste essentiel pour les enseignants actuels et futurs", estime Walentina Cools de l’Association d’enseignement des villes et communes.

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