Fin 2022, quelque 65,7 millions d'euros avaient été versés aux victimes des attentats du 22 mars 2016 à l’aéroport de Zaventem et à la station de métro Maelbeek, indique ce jeudi la fédération sectorielle Assuralia, alors que plusieurs survivants des attaques ont dénoncé l'attitude des assurances pendant le procès des attentats de Bruxelles qui est en cours au Justitia.
Au total, 1.419 victimes ont introduit une déclaration auprès des assureurs après les attentats, indiquent les derniers chiffres en date d’Assuralia. "Ces déclarations concernent non seulement des décès ou des dommages corporels, mais aussi divers dommages, y compris des dégâts causés à des bagages", précise la fédération sectorielle. Sur les 65,7 millions d'euros versés, 56,5 millions l'ont été pour des dommages corporels et moraux. Les assureurs ont également constitué 60,5 millions d'euros de provisions pour des paiements futurs au profit des victimes.
Une grande partie de cette somme sera utilisée pour le versement de rentes viagères, dans le cadre de l'assurance accidents du travail, puisque de nombreuses victimes étaient sur le chemin du travail au moment des attentats. Les blessures de certains patients grièvement atteints étaient telles que leur état n'est pas encore suffisamment stable à l'heure actuelle pour clore l'évaluation des lésions, ajoute la fédération sectorielle. Un calcul et un règlement définitifs des dommages corporels ne sont possibles que lorsque l'état de ces personnes est consolidé, c'est-à-dire lorsque la guérison de leurs lésions n'évolue plus.
Pour autant, de larges avances ont déjà été proposées aux victimes, notamment pour leur préjudice moral, affirme Assuralia. Au cours du procès des attentats de Bruxelles, qui se déroule depuis le mois de décembre au Justitia à Evere, plusieurs victimes et avocats des parties civiles ont dénoncé l'attitude des assurances, alors que les expertises judiciaires s'éternisent. Aline Fery, avocate de l'association de victimes Life4Brussels, avait notamment fustigé que sept ans après les faits, bon nombre de victimes n'ont toujours pas été indemnisées et assument seules leurs frais médicaux.
"Des améliorations""
Assuralia affirme pourtant avoir pris plusieurs initiatives, ces dernières années, afin d'améliorer la prise en charge des victimes d'un attentat. Les assureurs se sont ainsi engagés à indemniser le préjudice moral au plus tard un an après l'attentat. Par ailleurs, un seul assureur coordonne désormais l'expertise médicale "afin que les victimes n'aient pas à se présenter chez plusieurs médecins à l'invitation de différents assureurs", souligne la fédération.
Assuralia et les associations professionnelles de médecins experts ont également établi à l'intention des assureurs et des médecins experts des directives qui doivent "garantir un déroulement transparent et un suivi empathique de toutes les expertises médicales, au profit de chaque patient se rendant chez un médecin expert".
