La secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Nicole de Moor (CD&V) demande aux personnes qui squattent actuellement un immeuble situé aux abords de la gare de Bruxelles-Nord d’évacuer ce bâtiment. "Ils peuvent se rendre dans un lieu d'accueil temporaire jusqu'à ce qu'il y ait de la place dans les centres réguliers pour demandeurs d'asile", a déclaré Mme De Moor ce jeudi dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1. Pour l'instant, les demandeurs d'asile refusent de quitter le bâtiment de peur de devoir à nouveau dormir dans la rue.
Nicole de Moor demande aux demandeurs d’asile de quitter le squat situé près de la gare du Nord à Bruxelles
Pour la quatrième nuit consécutive, plusieurs dizaines de demandeurs d'asile et de migrants ont passé la nuit dans un bâtiment situé près de la gare de Bruxelles-Nord. Il s'agit d'un immeuble de bureaux qui accueillera prochainement le centre national de crise, situé dans la commune de Saint-Josse-ten-Noode. Selon les organisations humanitaires, toutes les personnes présentes dans le bâtiment sont des demandeurs d'asile, qui ont droit à un hébergement. Mais en raison de la pénurie de centres d’hébergement, ils dormaient dans la rue depuis un certain temps.
La police a fermé le bâtiment, personne n'est plus autorisé à y pénétrer. Et les personnes qui sortent ne sont pas autorisées à revenir non plus. Entre-temps, une procédure a été lancée par la Régie des bâtiments pour faire évacuer ce squat. Le gouvernement fédéral, en collaboration avec la Région bruxelloise, a mis à disposition un abri temporaire, mais les squatters ne veulent pas s'y rendre. "Ils ont peur d'être à nouveau expulsés au bout de quelques nuits", explique l'un des travailleurs humanitaires. "C'est la raison pour laquelle ils refusent de quitter le bâtiment jusqu'à ce qu'ils puissent aller dans le centre régulier de Fedasil.
La secrétaire d'État à l'asile et à la migration, Nicole de Moor (CD&V), dit comprendre la situation des demandeurs d'asile. "Il y a un manque de places d'accueil et cela ne sera pas résolu à très court terme", a-t-elle déclaré dans l'émission "De ochtend" sur Radio 1. Selon Mme De Moor, Fedasil (l'agence fédérale chargée de l'accueil des demandeurs d'asile, ndlr) dispose d'une liste d'attente. "Chaque jour, les personnes inscrites sur cette liste d'attente sont contactées pour leur proposer un logement", a-t-elle déclaré.
"Il ne serait pas correct de donner la priorité aux squatteurs"
"Mais il ne serait pas correct de donner aux personnes qui se trouvent dans ce bâtiment la priorité sur les personnes qui sont sur cette liste d'attente depuis bien plus longtemps", estime encore Nicole de Moor. Elle ne souhaite donc pas répondre à la demande des squatters. Une solution temporaire est toutefois envisagée. "En collaboration avec la Région bruxelloise, nous avons mis à disposition un abri temporaire. Je garantis qu'ils pourront y rester jusqu'à ce qu'il y ait de la place dans le centre d'hébergement régulier", explique Mme De Moor.
Nicole de Moor critique les mandataires qui s'opposent à l'accueil sur le site de Kampenhout
Nicole de Moor insiste sur le fait que, dans le même temps, le travail sur les solutions structurelles se poursuit. "Nous libérons de l'espace dans les centres d'accueil ordinaires et nous créons de nouvelles places d'accueil", ajoute-t-elle. Pour désamorcer cette crise de l'asile, le gouvernement fédéral avait adopté, la semaine dernière, un ensemble de mesures. L'une d'entre elles consiste en un accueil temporaire de demandeurs d'asile sur un site à Kampenhout (Brabant flamand), pour lequel l'Union européenne met à disposition des conteneurs résidentiels.
Le site en question est en cours d'examen, a déclaré la secrétaire d'État de Moor. Il reste notamment à déterminer si l'approvisionnement en eau et l'évacuation des eaux usées peuvent être réalisés et si les autorisations nécessaires peuvent être obtenues. Mais c'est là que le bât blesse: la ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir (N-VA), a déclaré mercredi que le site ne convenait pas.
"Je trouve incohérent que des gens fulminent un jour contre les saisies à mon cabinet parce qu'il n'y a pas assez de places d'accueil, et que le lendemain, ils se mettent en travers de la route pour protester contre une piste qui n'est qu'à l'étude", a répliqué jeudi Nicole de Moor.
La secrétaire d'État ne veut pas préjuger du résultat de l'analyse, mais souligne qu'elle cherchera un autre site si la piste de Kampenhout se révèle impossible. Bien qu'il n'y ait "pas une infinité de sites où l'on peut mettre 600 conteneurs", a-t-elle ajouté.


