C’est devant la cour d’appel d’Anvers que le procès de 18 membres du cercle estudiantin Reuzegom, à la suite du décès de l’étudiant Sanda Dia pendant un baptême extrême en décembre 2018, a repris ce lundi, après 9 mois d’interruption. Le ministère public a requis 18 à 50 mois de prison contre les membres du cercle étudiant de la KULeuven impliqués dans le baptême qui s’est terminé par le décès de l’étudiant ingénieur de 20 ans. Ils risquent aussi des amendes pouvant atteindre 8.000 euros et la déchéance de leurs droits pendant cinq ans.
Baptême fatal de Sanda Dia : le ministère public requiert 18 à 50 mois de prison contre les 18 prévenus
Selon l'avocate générale Annelies De Cauwer, tous les prévenus ont pris une part active et directe au rituel du baptême. "Ils ont aidé à la préparation, la mise en place, l'incitation et la réalisation. Sans les organisateurs, il n'y aurait pas eu de baptême ni de crime. Ils sont tous responsables en tant qu'auteurs ou coauteurs." La peine la plus sévère, à savoir 50 mois de prison, a été réclamée pour un membre de Reuzegom qui porte l’alias Janker. Lors du procès en première instance, une peine de prison de 60 mois avait été requise. "Il était responsable des coups pendant le cantus et le baptême. Il dit également dans des messages qu'il voulait 'rendre ça vraiment brutal", a déclaré l'avocate générale. Il risque également une amende de 8.000 euros. Un autre membre portant l’alias Zaadje risque, lui, une peine de 40 mois de prison, contre les 50 réclamés en première instance. Il avait des pouvoirs de décision et aurait pu arrêter le baptême, a souligné le ministère public. Pour les seize autres prévenus, 18, 24 et 30 mois de prison ont été requis. L'avocate générale a souligné la difficulté de cette procédure pénale, car les prévenus sont des jeunes qui sont insérés dans la société. "Mais en même temps, ils sont responsables de la mort de Sanda Dia. Nous devons envoyer le signal que de tels faits ne sont pas autorisés."
L’Université d’Anvers et GAIA réclament un euro symbolique
L’Université d’Anvers exige un euro symbolique de deux des prévenus membres de club Reuzegom, qui étaient à l’époque des faits (décembre 2018) étudiants en son sein. "Par leurs actions, ils ont porté préjudice aux valeurs que représente l’université, comme le respect envers d’autres étudiants", indique l’UA.
Quant à l’organisation de défense des animaux GAIA, elle s’est constituée partie civile parce que plusieurs animaux ont connu une mort absurde pendant le rituel de baptême : une anguille a été décapitée, une souris a été passée au mixer, des poissons rouges ont été avalés puis recrachés alors qu’ils étaient vivants. Personne n’est intervenu.
"Nous réclamons un signal clair, ceci n’est plus admissible". L’avocat Anthony Godfroid a également estimé qu’il était très regrettable que le club Reuzegom n’ait pas été condamné déjà en 2013, alors qu’il paradait dans les rues de Louvain avec un porc en lui faisant boire des produits de nettoyage et en lui tirant dessus à la carabine (comme en attestent des photos publiées sur les réseaux sociaux). Selon l’avocat, le parquet de Louvain n’a jamais pris les faits au sérieux. Il réclame que ce genre de pratiques soit sévèrement condamné.
Le procès se poursuivra ce mardi. Les avocats des proches de Sanda Dia prendront la parole, avant les plaidoyers pour trois des 18 prévenus.


