Geneviève Lhermitte condamnée en 2008 à la réclusion à perpétuité pour avoir tué ses cinq enfants à Nivelles, a été euthanasiée pour des souffrances psychologiques insupportables. Son avocat l'a confirmé à nos confrères de la RTBF. Geneviève Lhermitte (âgée de 56 ans) séjournait en psychiatrie depuis sa remise en liberté sous conditions en 2019.
Geneviève Lhermitte qui avait assassiné ses 5 enfants il y a 16 ans a demandé à être euthanasiée
Depuis son procès d’assises, fin 2008, on savait que Geneviève Lhermitte souffrait de problèmes psychologiques graves. Lors de ce procès, son psychiatre avait notamment témoigné de deux lettres d'avant procès dans lesquelles elle évoque des pensées suicidaires.
Deux psychologues et trois psychiatres ont également fini par conclure qu'au moment des faits, elle était "dans un état de trouble mental grave" et "incapable de contrôler ses actes". Mais le jury d'assises n'avait pas suivi ce raisonnement : Geneviève Lhermitte n'a pas été internée, comme le demandait son avocat, mais a été reconnue responsable de ses actes et condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité.
Les faits pour lesquels elle a été condamnée sont, effectivement, terribles. Le 28 février 2007, Lhermitte attire ses cinq enfants, âgés de 3 à 14 ans, dans la maison familiale à Nivelles, en l'absence de son époux et père des enfants, Bouchaïb Moqadem, qui était en voyage à l'étranger. Elle les tue un par un avec un couteau. Elle tente ensuite de se suicider, mais n’est que blessée.
Lors de son procès, Geneviève Lhermitte a déclaré à plusieurs reprises qu'elle ne voyait pas d'autre issue. En tant que femme au foyer, elle se sentait piégée dans sa propre maison. Elle explique que son mari marocain, Bouchaïb Moqadem, s’absente souvent de la maison pendant de longues périodes, elle parle de sa dépendance extrême à l'égard du docteur Michel Schaar, qui s'est occupé d'eux pendant presque toute leur vie conjugale. Sa présence constante l’aurait poussé à l'extrême, affirme-t-elle.
La demande d'un nouveau procès rejeté
Après sa condamnation, Lhermitte et son avocat tentent à plusieurs reprises de prouver leurs dires. La demande d'un nouveau procès est rejetée par la Cour de Cassation. La Cour européenne des droits de l'homme finit également par ne pas suivre le raisonnement selon lequel les droits à un procès équitable auraient été violés. Lhermitte poursuit en outre son propre psychiatre pour ne pas avoir porté assistance à une personne dans le besoin, également sans succès.
En 2019, après avoir passé quelque 12 ans à la prison de Forest, elle sera libérée sous conditions. Toutefois, Lhermitte devra d'abord être admise dans un établissement psychiatrique fermé pour y suivre un traitement approfondi. Ce n'est que plus tard que l'on travaillerait à un véritable retour à la vie normale, mais toujours sous une stricte surveillance.
Ce retour n'aura pas lieu. Lhermitte a fini par demander l'euthanasie en raison de souffrances psychologiques insupportables. Exactement 16 ans après la mort de ses enfants et elle l’a obtenu.
L' avocat, qui représentait encore la quinquagénaire à sa sortie de prison en 2019, a confirmé qu'il s'agissait bien d'une euthanasie. Il n'a pas fourni d'autres détails, à la demande de la famille de Mme Lhermitte.
Selon Sudinfo, elle se serait éteinte à l'hôpital Léonard de Vinci de Montigny-le-Tilleul.
