Les bourgmestres des communes du "Noordrand" (la périphérie nord) de Bruxelles - à savoir Machelen, Grimbergen, Meise, Wemmel et Vilvorde - ont exposé leurs critiques à l'égard du projet d'extension de l’aéroport international de Zaventem, au cours d'une conférence de presse commune. Les autorités locales reconnaissent l'importance économique de l'aéroport mais jugent les plans irréalistes et déséquilibrés. "L'aéroport relève d'un intérêt commun. Les nuisances doivent donc être supportées par un maximum de parties", estiment-elles.
Cinq communes du nord de Bruxelles questionnent le projet d'extension de l'aéroport de Zaventem
Le permis d'environnement de Brussels Airport court jusqu'à mi-2024. Pour en demander un nouveau, les responsables de l'aéroport ont rédigé un projet d'étude d'incidence environnementale. Les cinq communes ont épluché le document de 700 pages de Brussels Airport et dénoncent un travail bâclé qui se base sur des chiffres incomplets et sur des prévisions incertaines. "Plus nous décortiquons le dossier, plus notre inquiétude augmente", indiquait le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, à Radio 2.
Selon le Noordrand, la croissance qu'entend réaliser Brussels Airport d'ici 2032, à savoir passer de 26 à 32 millions de passagers et doubler le fret actuellement estimé à un demi-million de tonnes par an, aura un impact sur le trafic autour de l'aéroport et sur le programme de vols. Ces effets secondaires n'auraient pas été pris en compte dans le projet d'étude.
Les administrations communales digèrent particulièrement mal l'hypothèse selon laquelle le fonctionnement actuel de l'aéroport restera identique, en ce compris les trajectoires de vols et la planification des vols de jour et de nuit. Les nuisances seront injustement réparties sur la périphérie nord, alors que la périphérie est (Oostrand) sera plus épargnée, pointent les cinq communes.
"La croissance envisagée du nombre de passagers et le doublement du fret va accroître considérablement la congestion du trafic. L'étude minimise cette problématique", expliquait Hans Bonte. "Il faut une nouvelle étude qui tiendrait bel et bien compte de l'impact sur le ring et sur l'E19. Des mesures incitant les voyageurs à prendre les transports publics sont aussi nécessaires, et camions et conteneurs doivent générer moins de nuisances."
Qualité de vie et environnement
"Il ressort de l'étude que le nombre d'habitants des communes du Noordrand qui sont réveillés 10 à 20 fois par nuit (41.817 habitants aujourd'hui), va fortement augmenter", relève Gerda vanden Brande, bourgmestre de Meise. "Dans le même temps, nous constatons que 19.327 résidents de l'Oostrand étaient encore dans cette situation en 2019. Ce nombre sera ramené à zéro en 2032. C'est une différence de traitement tout à fait inacceptable pour les communes de la périphérie nord." Un avis que partage le bourgmestre Vansteenkiste de Wemmel, estimant que le Noordrand reçoit toutes les nuisances, surtout celles de nuit.
"L’étude attache en outre trop peu d’attention aux conséquences négatives sur nos forêts et la nature", ajoutait encore le bourgmestre Hans Bonte de Vilvorde.
