Le gouvernement flamand a distribué au total plus de 17 milliards d'euros de subsides l'année dernière. La plus grande part, soit environ 1 milliard, est allé à la ville d'Anvers. Ces montants n'ont pas seulement été accordés aux villes et aux communes, mais aussi à des organisations, des associations sans but lucratif ou des entreprises. C'est la première fois que la destination des subsides flamands est rendue publique pour une année entière, a déclaré le ministre flamand des Finances Matthias Diependaele (N-VA).
A quoi ont servi les 17,7 milliards d’euros de subsides versés par la Flandre ?
L'année dernière, la Flandre a accordé des subsides d'une valeur de 17,7 milliards d'euros à 29.052 bénéficiaires. C'est ce que révèle le registre des subsides. Ce registre flamand des subsides (subsidieregister) est en ligne depuis septembre et peut être consulté par tout un chacun et permet ainsi de savoir où va l’argent des contribuables.
3,9 milliards d'euros sont allés au financement local, c'est le plus gros budget. Il s'agit des montants versés dans le cadre du Fonds communal, qui a été créé pour éliminer les disparités de revenus entre les communes.
Les soins résidentiels aux personnes âgées arrivent en deuxième position, avec 1,7 milliard d'euros. Viennent ensuite les organisations de soins, avec 1,7 milliard d'euros. Par province, Anvers est le principal bénéficiaire, avec 23 % des subsides. La Flandre orientale et Bruxelles se partagent la deuxième place, avec 20%.
Pourquoi un registre des subsides ?
"Il est important d’en dresser la carte", explique le ministre des Finances Matthias Diependaele. "En premier lieu, cela nous permet de montrer aux contribuables flamands où va leur argent. Mais la grande valeur ajoutée de ce registre est que nous pouvons également le relier à notre contrôle renforcé d’octroi des subsides."
"Avec ce mécanisme de contrôle renforcé, nous effectuons des vérifications détaillées afin d'éviter toute malversation. Nous surveillons ainsi plus strictement tous les éléments du processus : de la demande, au décaissement, jusqu'au contrôle post-subvention."
Pour le ministre, il doit désormais y avoir un débat de fond sur la mission, sur les dépenses publiques. "Nous devons le faire nous-mêmes, sur chaque dépense nous devons avoir un débat, ce qu'un gouvernement est censé faire et ce qu’il ne doit pas faire."
L'octroi généreux de subsides, un "mal flamand" ?
Pour l’Open VLD, "il faut s'attaquer davantage au "mal flamand des subsides". Selon le député flamand Maurits Vande Reyde, des dépenses insensées ont trop souvent été effectuées par le passé. "Des subsides versés pour de la thérapie par les fleurs de Bach, aux coordinateurs de hamster, aux chuchoteurs aux oreilles des chevaux, 300 millions d'euros versés pour des cours de religion, aux applis de cuisine et même pour une formation au lifting Colombien avec le mannequin Lesley-Anne Poppe. Cela me fait dresser les cheveux sur la tête", déclare le député.
"Et dans le même temps, il n'y a pas d'argent pour supprimer les listes d'attente pour les personnes handicapées. La Flandre concentre bien trop peu ses dépenses sur ce qui est vraiment important."
Le parti d'opposition Vlaams Belang estime également qu'il faut tirer des conclusions de ces chiffres. "Les chiffres confirment une fois de plus que le gouvernement flamand est très généreux avec les subsides", a déclaré le chef de groupe au Parlement flamand, Chris Janssens. "Il est maintenant grand temps que l'efficacité de toutes ces subsides soit évaluée sans tabou. (...) Il s'agit de l'argent des contribuables, chaque euro doit donc être examiné deux fois avant d'être dépensé."
