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Après l’évacuation du squat de la rue des Palais, 163 personnes logées à l’hôtel et plus de 150 ont dormi dans la rue

Le squat qui a hébergé jusqu’un millier de personnes, pour la plupart des demandeurs d’asile, dans des conditions sanitaires déplorables, a été entièrement évacué ces mardi et mercredi par les forces de l’ordre. Quelque 25 personnes ont encore été retrouvées dans le bâtiment mercredi, alors que tous les occupants avaient été sommés de partir. Vers 18h le squat était verrouillé. La Région bruxelloise, qui en est propriétaire, projette de le rénover et le transformer en un centre d'hébergement pour personnes vulnérables. Ce mercredi, 163 demandeurs d’asile évacués avec des bus ont été conduits dans un hôtel de Leeuw-Saint-Pierre en Brabant flamand (photo), où la Région bruxelloise a loué quelque 120 chambres pour 13 jours. Effectué sans grande concertation, ce relogement est fustigé par le bourgmestre de la commune et d’autres responsables politiques. Entretemps de150 à 200 personnes évacuées du squat ont, elles, été forcées de passer la nuit dans la rue, n’ayant pas obtenu de place provisoire d’accueil.

Anne François Belga
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A la suite des vives critiques du bourgmestre de Leeuw-Saint-Pierre, du gouverneur du Brabant flamand et du ministre flamand de l'Administration intérieure au sujet de l’installation provisoire de 163 demandeurs d’asile dans un hôtel Ibis à Ruisbroek, le cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a indiqué ce jeudi qu'il y a bien eu un contact préalable à l'arrivée à Leeuw-Saint-Pierre de personnes évacuées du squat de la rue des Palais.

Jan Desmeth, bourgmestre N-VA de Leeuw-Saint-Pierre, avait qualifié mercredi de "honte" l'arrivée de demandeurs d'asile pour lesquels des chambres ont été louées par la Région bruxelloise pour 13 jours, sans que lui-même ni la zone de police n'aient été prévenus, indiquait-il. Le cabinet de Rudi Vervoort a précisé ce jeudi qu'un directeur opérationnel de la police bruxelloise avait cependant bien eu contact avec la zone de police brabançonne concernée.

Il y a aussi eu contact au niveau des gouverneurs: la Haute Fonctionnaire bruxelloise Sophie Lavaux s'est adressée au gouverneur du Brabant flamand Jan Spooren. Ce dernier a indiqué avoir reçu "un peu d'information" vers midi mercredi, mais sans "concertation" et à un moment où les demandeurs d'asile prenaient déjà place dans les bus destinés à les emmener à l'hôtel. Le bourgmestre Desmeth a pourtant affirmé mercredi qu'il "ne savait rien" au moment de voir débarquer un premier bus vers 13h30. "Ni moi, ni notre zone de police. Personne ne m'a appelé. L'hôtel savait depuis hier que les demandeurs d'asile allaient venir. C'est inacceptable."

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L'élu a également souligné que l'état de santé de 83 des demandeurs d'asile n'avait pas été contrôlé à leur arrivée. "S'ils ne sont pas en bonne santé, ils doivent aller ailleurs. Ce n'est pas acceptable de loger des gens qui n'ont pas été contrôlés médicalement sous le même toit que d'autres personnes qui louent une chambre ici", a-t-il précisé.

De son côté, le ministre flamand des Affaires intérieures Bart Somers s'en est pris au ministre-président bruxellois Rudy Vervoort. Pour lui, il est "inacceptable" que Vervoort "loue un hébergement pour 163 Bruxellois à Leeuw-Saint-Pierre sans en avertir au préalable le bourgmestre et les autorités flamandes", a-t-il indiqué sur Twitter, dénonçant un "comportement déloyal" d'une région envers une autre. La ministre du Tourisme Zuhal Demir s'est, pour sa part, dite "stupéfaite" par les événements. "Utiliser des infrastructures touristiques pour soulager la crise de l'accueil à l'insu du bourgmestre est tout bonnement de la mauvaise gouvernance".

Du côté du cabinet Vervoort, on estime qu'il y a eu "une erreur d'une des autorités autour de la table". La Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Nicole de Moor (photo) a souligné dès mercredi soir que le transfert a eu lieu dans le cadre de l'accueil d'urgence "organisé par la Région bruxelloise". Installer ces 163 personnes à l'hôtel n'était "ni notre choix ni notre décision", insistait-on à son cabinet, ce jeudi. Via Twitter, la Secrétaire d'État "regrettait" mercredi qu'il n'y ait pas eu concertation avec le bourgmestre, indiquant que les demandeurs d'asile hébergés à Leeuw-Saint-Pierre seraient "prioritairement" pris en charge pour passer dans le réseau d'accueil de Fedasil.

Des ex-occupants passent la nuit le long du canal

Entre 150 et 200 ex-occupants du squat de la rue des Palais ont par contre passé la nuit sur les trottoirs le long du canal (photo), en face du Petit château, indiquait ce jeudi le mouvement "Stop à la crise d'accueil", qui réunit plusieurs associations et collectifs de défense des droits humains.

Les anciens occupants du squat, parmi lesquels se trouveraient beaucoup de demandeurs d'asile, ont rejoint la cinquantaine de personnes qui logeaient déjà le long du canal. "Des collectifs citoyens et des voisins ont distribué des couvertures. Au fur et à mesure de la soirée, des tentes ont également été apportées à la suite d'un appel lancé sur les réseaux sociaux", expliquait le mouvement "Stop à la crise d'accueil".

Selon la même source, "la majorité de ces personnes sont détentrices du fameux "bracelet bleu" (attestant qu'elles occupaient le bâtiment de la rue des Palais), à qui les autorités promettaient jusqu'à ce mercredi après-midi la prise en charge". Les travailleurs sociaux et des bénévoles présents pendant les deux journées d'évacuation du squat ont dénoncé une "gestion calamiteuse" par les autorités.

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