L'équipe logistique appartenant au dispositif interdépartemental d'aide en cas de catastrophe B-Fast (photo) qui avait décollé de l’aéroport militaire de Melsbroek samedi matin est bien arrivée en Turquie, a-t-elle confirmé dimanche. Ses membres participent à la construction d'un hôpital de campagne à la suite des violents séismes de lundi qui ont fait plus de 33.000 morts en Turquie et en Syrie. "La situation sécuritaire est sous contrôle pour notre équipe", a rassuré le coordinateur Bert Torfs. Entretemps, les Affaires étrangères ne sont toujours pas parvenues à entrer en contact avec quinze ressortissants - 14 en Turquie et un en Syrie - enregistrés auprès des postes diplomatiques belges d'Ankara ou de Beyrouth, indiquaient les Affaires étrangères dimanche soir.
Turquie : l'équipe B-Fast est arrivée à Kirikhan et construit l’hôpital de campagne, le sort de 15 Belges inconnu
"La sécurité de nos membres est une priorité absolue. Ils sont habitués à de telles conditions. Des mesures ont été prises. Il y a un risque, mais il est sous contrôle", a précisé dimanche le coordinateur de l’équipe B-FAST alors que l'Allemagne et l'Autriche ont annoncé samedi suspendre leurs opérations de sauvetage en Turquie invoquant "la situation sécuritaire" sur place. "Il y a eu des agressions entre des groupes", avait déclaré à l'AFP un porte-parole à Vienne, sans donner plus de détails.
L'aide logistique et médicale belge commence donc à s'organiser sur le terrain. Objectif? Etablir un hôpital de campagne de la taille d'un terrain de football. "Cette contribution s'inscrira dans la durée en fonction des besoins sur place, nous pourrons fonctionner pendant plusieurs semaines", a indiqué l'ambassadeur de Belgique en Turquie Paul Huynen. "La Belgique fait partie des 4 pays européens qui vont fournir un hôpital de campagne, aux côtés de la France, l'Italie et l'Espagne. Et nous sommes le premier pays à être arrivé sur place".
L'équipe a entretemps fait route vers Kirikhan, dans la province de Hatay (photo), où doit être installé le poste médical. L’installation se passerait selon le timing prévu. L'hôpital devrait être monté et opérationnel en fin de semaine, mais les soins aux patients commenceront quelques jours plus tôt. "Des milliers de blessés n'ont pas encore été pris en charge. B-Fast devrait apporter une réelle valeur ajoutée (dans ce chaos)", a commenté Bert Torfs.
Au total, quelque 80 travailleurs humanitaires seront à l'œuvre. L'approvisionnement logistique nécessitera plusieurs vols de la Défense. Vingt tonnes de marchandises étaient attendues pour la seule journée de dimanche.
Quinze Belges n’ont pas encore pu être contactés
Par ailleurs, les Affaires étrangères belges n'ont, à ce stade, toujours pas été informées d'éventuelles victimes belges en Turquie ou Syrie dans les régions touchées par le séisme. "Quelque 230 de nos compatriotes sont enregistrés sur les registres consulaires en Turquie ou via la plateforme "Travellers online" et une cinquantaine en Syrie.
Quinze Belges - 14 en Turquie et un en Syrie - enregistrés auprès des postes diplomatiques d'Ankara ou de Beyrouth, n'ont cependant pas encore pu être contactés, indiquaient les Affaires étrangères dimanche soir. Vendredi, ce nombre était encore de 24 (23 en Turquie et 1 en Syrie).
Pour les personnes qui manquent encore à l'appel, il a été demandé aux consulats honoraires de vérifier les dernières adresses connues et de mener une enquête de terrain. En Belgique, les polices locales cherchent aussi à contacter des Belges qui seraient sans nouvelles de proches présents dans les régions frappées par les séismes. Les Affaires étrangères invitent en outre les Belges qui ne sont pas enregistrés ou les personnes sans nouvelles d'un proche à se manifester auprès d'elles par téléphone au 02/501.81.11.
Aucun rapatriement n'est à l'ordre du jour, ont encore précisé les Affaires étrangères. Les personnes sur place disposent de suffisamment de moyens pour quitter la zone sinistrée et/ou pour rentrer au pays.


