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Septième édition de la "Tournée minérale" : un mois sans consommer d’alcool, c'est possible

Un verre avec le repas, les réceptions du Nouvel An, les fêtes de famille... L'alcool fait partie de nos traditions et est partout dans notre société. La campagne "Tournée Minérale" nous le rappelle, notamment en ce qui concerne ses risques pour la santé. Cette consommation régulière n'est pas dénuée d'impacts, que ce soit sur la qualité du sommeil ou des maladies à plus long terme comme le cancer.

Eric Steffens Katty Allaert
Publié:

Lancée en 2017 par la Fondation contre le Cancer, la première édition de "Tournée minérale" avait rassemblé 120.000 inscrits. Au fil des ans, un million et demi de Belges ont rejoint l'initiative, selon Univers santé qui, après quatre éditions nationales, a repris le flambeau en 2021 avec le centre d'expertise flamand sur l'Alcool et autres drogues (VAD) et De Druglijn.

La campagne "Tournée minérale" vous met au défi de ne pas consommer d’alcool durant le mois le plus court de l’année. Mais même sans cette campagne, le VAD donne des conseils pour une consommation plus responsable. Et la limite de consommation est de plus en plus basse.

Ainsi, il y a quelques années encore, 21 verres de bière ou de vin par semaine pour un homme et 14 verres pour une femme étaient acceptables. Désormais, il ne faut plus dépasser 10 verres de bière ou de vin par semaine, tant pour les femmes que pour les hommes (un verre standard correspond à 10 grammes d'alcool pur, ndlr).

Telle est la ligne directrice du VAD (Centre d'expertise flamand sur l'alcool et autres drogues). Si vous buvez davantage, vous entrez dans la catégorie de la consommation d'alcool problématique.

Compromis entre science et vie en société

Dix verres par semaine c’est donc un maximum, mais la science est plus stricte et conseille de boire le moins d'alcool possible, de préférence 2 plutôt que 10 verres par semaine. Le fait que le seuil de consommation (non)saine d'alcool soit toujours fixé à 10 verres par semaine est le résultat d'un compromis entre la science et la vie en société. "La consommation d'alcool est socialement acceptée. L'alcool est donc la drogue légale la plus utilisée en Flandre et en Belgique. Il fait désormais partie de notre culture, bien qu'il ne s'agisse pas d'un produit inoffensif", estime le VAD.

"L'alcool engourdit d'abord les parties du cerveau qui contrôlent le comportement et les sentiments", ajoute le VAD. "Ainsi, une petite quantité d'alcool permet de se sentir plus audacieux, plus actif. Une quantité plus importante réduit la réactivité. Encore un peu plus et l'alcool réduit le contrôle des mouvements et la capacité de coordination."

Pour réduire les risques liés à la consommation d'alcool, il est préférable de ne pas boire plus de 10 verres par semaine, indique le VAD. Mais une personne sur six (15 à 20 %) déclare boire plus de 10 verres d'alcool par semaine. Chez les jeunes, la consommation d'alcool semble être en baisse. Selon une étude de la VAD, un jeune de 17 à 18 ans sur cinq ne boit jamais. Ce n'est pas le cas des personnes plus âgées : ce sont surtout les personnes de 45 ans qui boivent plus de 10 verres par semaine.  

"L'alcool est toxique, c’est un poison"

"Trois arguments pour ne pas boire : l'alcool est toxique, toxique et toxique. C'est un poison." C'est ce qu'affirme Hans Van Vlierberghe, spécialiste du foie à l'hôpital universitaire de Gand. "Quand il s'agit de fumer, il n'y a pas de discussion. Fumer tue", déclare Hans Van Vlierberghe. "L'alcool aussi est nocif, mais la discussion est différente car l'alcool fait partie de la vie en société".

Van Vlierberghe est formel : l'alcool est un poison qui continue à affecter votre foie jusqu'à ce que vous ayez une cirrhose du foie mortelle. Mais les autres organes en pâtissent également, car cela provoque des réactions inflammatoires qui peuvent augmenter le risque de tumeurs à long terme.  

Un verre de vin peut-il augmenter le risque de cancer ?

Pour le tabagisme, c'est clair : il est nocif et provoque le cancer du poumon. Pour l'alcool, c'est moins clair. La science n'a pas encore déterminé exactement le rôle que joue l'alcool dans le développement de certains cancers ; une controverse subsiste à ce sujet. Le cancer est complexe. Les gènes, la malchance, l'exercice ou non, l'alimentation, le poids... Ce sont tous des facteurs qui peuvent jouer un rôle.

"La consommation d'alcool est généralement moins cancérigène que le tabagisme. Mais l'alcool peut provoquer une cirrhose du foie et un cancer du foie. Ce lien est très clair. 

L'alcool joue également un rôle dans les cancers de l'œsophage, de la gorge, du sein et un certain nombre d'autres cancers. Pour d'autres cancers, le lien avec l'alcool est moins clair", déclare Eric Van Cutsem, oncologue digestif à l'UZ Leuven et président de la Fondation contre le cancer.  

Quels sont les conseils d'un oncologue ?

Le spécialiste du foie Van Vlierberghe pense effectivement que l'alcool est l'un des facteurs influençant le développement du cancer, même consommé en petites quantités. L'oncologue Van Cutsem est un peu plus prudent. Selon lui, le consensus scientifique fait défaut sur la quantité d'alcool et pour quels cancers exactement. Son conseil, et celui de la Fondation contre le cancer : Limitez l'alcool !

  • Pas plus de 2 verres par jour

  • 5 à 10 verres par semaine sont un maximum

  • Ne buvez pas tous les jours, c'est mieux pour votre foie et pour votre métabolisme.

  • Porter la limite d'âge de 18 à 21 ans

Porter la limite d'âge de 18 à 21 ans

Un jeune sur trois a bu de l'alcool avant l'âge de 14 ans (selon les chiffres de la VAD). L'alcool agit sur le cerveau, le relaxant et le rendant moins anxieux. Les jeunes sont plus vulnérables à l'alcool parce que leur cerveau n'est pas encore complètement développé, ce qui n'arrive qu'à l'âge de 25 ans. Commencer à boire de l'alcool très jeune (avant 16 ans) augmente le risque de dépendance ultérieure.

En Belgique, les jeunes peuvent acheter de la bière et du vin à partir de 16 ans, de l'alcool fort à partir de 18 ans. Le spécialiste du foie Van Vlierberghe suggère de porter cette limite d'âge à 18 et 21 ans : "L'alcool a un impact sur le cerveau. Il est important de ne pas initier les jeunes à l'alcool trop tôt. Le relèvement de la limite d'âge n'est pas seulement meilleur d'un point de vue scientifique, il envoie également un message clair aux jeunes que l'alcool est nocif." VAD veut également relever cette limite d'âge.

Sensibilisation

Pour la septième année consécutive déjà, la VAD et De Druglijn organisent un mois sans alcool sous le nom de "Tournée Minérale". Chaque fois, le message est le même : "Ne buvez pas d'alcool en février et remarquez que vous vous sentez mieux". Prise de conscience, donc, des risques de l'alcool et du fait qu'il est aussi possible de s'en passer.

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