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La Chambre approuve la première loi belge sur l’hydrogène

La commission de l'Énergie de la Chambre a donné ce mardi son feu vert à la première loi belge sur l'hydrogène, qui vise à réglementer son transport par canalisations. Selon le cabinet de la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen), il s'agirait même de la première loi de ce type au monde. À la demande de la N-VA, une deuxième lecture sera nécessaire avant l'inscription à l'ordre du jour de la séance plénière. Pourquoi la Belgique veut-elle jouer un rôle de pionnière dans ce domaine ?

Anne François Belga
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L'industrie lourde, pour la production d'acier, de ciment, d'aluminium et de verre, est responsable de près d'un tiers des émissions belges de CO2. Le transport lourd et la navigation sont également des secteurs polluants majeurs. Pour rendre ces filières plus vertes, la Belgique doit importer de l'hydrogène vert - produit grâce à l'énergie solaire ou éolienne - depuis des régions comme le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord ou le sud de l'Europe.

La ministre fédérale à l’Energie Tinne Van der Straeten (photo) avait déjà lancé une première "stratégie fédérale hydrogène" en 2021. La loi hydrogène, qui a reçu ce mardi le feu vert de la commission de l'Énergie, introduit donc un cadre réglementaire pour le transport de l'hydrogène par canalisation. L'intention est de désigner un opérateur de réseau pour le transport de l'hydrogène. Celui-ci sera responsable du libre accès au réseau de transport et de la garantie de la qualité de l'hydrogène. La désignation de l'opérateur est attendue d'ici la fin de cette année.

Existe-t-il déjà des canalisations dans notre pays ?

La Belgique compte actuellement 600 kilomètres de canalisations de transport d'hydrogène, précise le journaliste Luc Pauwels (VRT NWS). Elles sont gérées par Air Liquide, une entreprise privée. C'est le deuxième plus important réseau au monde après les États-Unis, qui possèdent 2.600 kilomètres de canalisations. "Ces canalisations viennent de France et se dirigent vers Zeebrugge et Anvers, en passant par le pôle énergétique de Feluy. Après Anvers, elles filent vers les Pays-Bas via la Campine".

"Cela prouve que la Belgique excelle dans le domaine du traitement de l’hydrogène et de la technologie qui s’y rapporte. Avec la loi hydrogène, notre pays veut pouvoir importer de l’hydrogène de l’étranger. Comme il le fait actuellement dans le port de Zeebrugge (photo) pour le gaz naturel liquéfié", précise Luc Pauwels. "La Belgique est un leader de l'hydrogène renouvelable", déclare pour sa part la ministre à l’Energie. "En régulant l'hydrogène maintenant, nous renforçons cette avance."

La Belgique veut être pionnière

Selon la ministre Van der Straeten, le droit belge peut aussi inspirer l'Union européenne. Une norme européenne est en effet toujours en cours de négociation. La Belgique ne veut pas l’attendre. Grâce à cette avance, la Belgique peut également devenir la "porte de l'hydrogène vers l'Europe".

"Nos ports sont de classe mondiale et l'infrastructure de transport de gaz naturel existante est relativement facile à adapter à l'hydrogène. Nous sommes extrêmement bien connectés avec nos pays voisins, où la demande d'hydrogène augmente", précisait encore la ministre Van der Straeten.

La Belgique dispose déjà d'accords sur l'importation d'hydrogène avec Oman et la Namibie. Des pourparlers sont également en cours avec le Chili.

Luc Pauwels, journaliste expert dans les questions d’énergie, compare l’avancée de la Belgique dans le domaine de l’hydrogène aux investissements qu’avait fait le pays à la suite de la crise énergétique des années 1970. "On a construit un terminal méthanier à Zeebrugge à l’époque, qui s’avère réellement utile maintenant". Le gaz naturel liquéfié arrive à Zeebrugge, où il est reconverti en gaz et envoyé dans le reste de l’Europe via des canalisations. Ce n’est pas sans importance en ces temps où beaucoup de pays tentent de s’affranchir du gaz russe. L’an dernier, une quantité record de GNL a transité par Zeebrugge.

"La Belgique ambitionne de devenir aussi une plaque tournante pour l’hydrogène. Pas pour le consommer à elle seule, mais pour l’envoyer partiellement vers d’autres pays", précise Luc Pauwels. La loi devra encore passer par une deuxième lecture en commission Energie de la Chambre, avant l'inscription à l'ordre du jour de la séance plénière. Le déploiement du réseau de transport de l’hydrogène prendra encore plusieurs années, "mais ce n’est pas une illusion. Avec l’hydrogène on peut faire beaucoup de choses", conclut Luc Pauwels.

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