Le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné ce jeudi l'ancien inspecteur en chef de l'équipe de soutien aux toxicomanes (DOT) de la zone de police d'Anvers à quatre ans de prison, dont la moitié avec sursis, et à une amende de 8.000 euros pour avoir effectué des recherches dans les bases de données de la police pour le compte de divers trafiquants de drogue. Il a ensuite transmis ces informations à un homme qui lui a été condamné à quatre ans de prison ferme et à 8.000 euros d'amende. Le tribunal a ordonné la confiscation d'un montant de 75.000 euros à l'encontre de l’ancien inspecteur de police.
Les faits ont été révélés l'année dernière dans le cadre de l'opération qui a permis de craquer le service de messagerie cryptée Sky ECC fin 2018. Les enquêteurs ont repéré une discussion de groupe dans laquelle un participant dénommé "Format" expliquait le 27 janvier 2020 qu'il connaissait un policier pouvant effectuer des recherches contre rémunération. Il utilisait ses services depuis des années.
"Format" lui aurait suggéré de vérifier les données relatives à "Python", un autre participant à la discussion de groupe. "Format" et "Python" étaient tous deux connus pour des délits liés à la drogue. Les enquêteurs ont alors vérifié qui avait consulté les banques de données pour le compte de "Format" et il s'est avéré qu'il s'agissait de l’ancien inspecteur de la police anversoise aujourd’hui condamné.
Le policier semble avoir effectué des recherches systématiques sur deux hommes au moins, mais également sur Flor Bressers, un trafiquant de drogue notoire surnommé "Fingerknipper". Il a également recherché d'autres noms appartenant à l'entourage de Bressers. Entre 2017 et 2019, aucune recherche n'a été effectuée car un des hommes faisant l’objet de ces recherches systématiques était en prison à ce moment-là.
Au total, l’ex-inspecteur a effectué 101 recherches. Ces dernières lui auraient permis de gagner pas moins de 290.000 euros. Appréhendé en mars 2022, il a d'abord nié toute implication dans cette affaire. Dans ses déclarations ultérieures, il a cependant avoué les faits, tout en minimisant les montants reçus.

