Lors d'un contrôle à grande échelle, l'inspection sociale a constaté l'existence de travail illégal et des infractions au droit du travail chez des sous-traitants chargés par Proximus de déployer son réseau de fibre optique, rapportent jeudi L'Echo et De Tijd. La ministre des entreprises publiques, Petra De Sutter (Groen), souhaite obtenir les explications de la part de la direction de l'opérateur télécom.
Travail illégal et violations sociales découverts sur des chantiers de Proximus : Petra de Sutter demande des explications
"Nous avons inspecté 12 chantiers de construction simultanément. Nous avons constaté que 17 sous-traitants, 60 travailleurs, sept travailleurs indépendants et un stagiaire étaient actifs sur ces chantiers et nous avons détecté des violations sociales dans plus de la moitié des cas", déclare Eddy Van Herreweghe, directeur du dumping social et des réseaux de fraude à l'Inspection de l'ONSS.
À Anvers, quatre Moldaves employés illégalement ont par exemple été découverts sur un chantier naval de la zone Seefhoek surveillé par Proximus. Sur d'autres chantiers en Flandre, l'inspection sociale a constaté l'existence de travail illégal, mais aussi de violations du droit du travail et de la réglementation du chômage.
L'opérateur télécom a réagi avec surprise aux conclusions de l'inspection sociale, affirmant qu'il n'en avait pas connaissance. Il va immédiatement mener une enquête plus approfondie, en collaboration avec ses partenaires, et contacter les autorités compétentes, ajoute-t-il.
Fiberklaar : "Aucune violation sociale officielle n'a été relevée sur ces chantiers"
"L'entreprise Proximus, qui attache la plus grande importance à l'intégrité et à l'éthique, attend la même chose des parties avec lesquelles elle travaille. Toutes nos procédures et nos contrats avec des partenaires extérieurs contiennent des dispositions claires sur le respect du droit social et du droit du travail. S'il s'avère que des irrégularités ont effectivement été commises sur des chantiers en notre nom, nous examinerons les procédures de contrôle d'un œil critique et prendrons les mesures nécessaires à l'égard des parties impliquées", assure encore Proximus.
Fiberklaar, une joint-venture entre l'opérateur télécom coté en bourse et le fonds d'investissement suédois EQT à qui Proximus a fait appel pour déployer la fibre en Flandre, se défend également: "Selon les informations dont nous disposons actuellement, aucune violation (sociale) officielle n'a été relevée sur ces chantiers". La société ajoute qu'elle a demandé des informations plus concrètes aux autorités gouvernementales compétentes et qu'elle apportera sa pleine coopération à l'enquête. "S'il apparaît que des irrégularités ont effectivement eu lieu, nous prendrons les mesures nécessaires. Le respect de la législation sociale est essentiel (à nos yeux)", a-t-elle ponctué.
Consultation avec la ministre
Proximus elle-même promet également une action si des irrégularités ont effectivement eu lieu. "Nous allons examiner d'un œil critique nos procédures de contrôle et prendre les mesures nécessaires à l'égard des parties concernées", déclare-t-on chez l’opérateur.
En fin d'après-midi, la ministre des Entreprises publiques Petra De Sutter (Verts) s'est entretenue avec les dirigeants de Proximus. Elle a fait savoir qu'elle était aussi surprise que la direction. Mais elle insiste également sur le fait que les règles sociales doivent être respectées.
