"Voir souffrir son enfant, son frère comme cela, ce n'est juste pas humain, pas vivable", a déclaré, au bord des larmes, Nathalie Vandecasteele mercredi, devant la Chambre. La sœur d'Olivier Vandecasteele, ce travailleur humanitaire belge détenu depuis onze mois en Iran, a témoigné devant la commission des Relations extérieures de la Chambre, au lendemain d'un vote unanime d'une résolution réclamant une libération immédiate. Le texte sera à l'ordre du jour de la séance plénière de jeudi.
Le témoignage poignant de la sœur d’Olivier Vandecasteele à la Chambre : "On vit un cauchemar qui ne s'arrête pas"
"On est complètement désemparé. Même si le ministère des Affaires étrangères fait tout ce qu'il peut pour obtenir des contacts, nous ne les avons pas. C'est compliqué. Pour la famille, on vit avec la boule au ventre depuis 11 mois. On a (d'abord) voulu laisser travailler la diplomatie en toute discrétion. Maintenant que l'on comprend les enjeux nationaux et internationaux, on a besoin d'éveiller toutes les consciences. On espère que l'État de droit pourra prendre la bonne décision pour libérer un citoyen innocent au plus vite", a-t-elle déclaré.
Nathalie Vandecasteele a aussi rappelé le contexte dans lequel son frère a été arrêté en Iran. "Depuis 2015, il travaillait en Iran pour l'ONG NRC (Norwegian Refugee Council), qui s'occupe principalement des réfugiés afghans. (...) Entretemps, Olivier a décidé de refaire sa vie en Belgique. Après 7 mois, il a pris une semaine pour aller clôturer ses affaires en Iran, un pays où il a vécu 6 ans: un bail, un compte en banque, etc. C'est pour cela qu'il est parti en février 2022. Et c'est pendant cette semaine qu'il a été arrêté."
"Tout le monde sait qu'Olivier est innocent"
"Ce n'était pas un touriste", a renchéri Olivier Van Steirtegem, ami et porte-parole d'Olivier Vandecasteele, également entendu. "C'est quelqu'un qui y était pour des raisons professionnelles. Il avait quand même le droit d'avoir un appartement et clôturer un compte en Iran n'est pas si facile que cela, l'Iran étant hors du système international bancaire Swift."
"Tout le monde sait qu'Olivier est innocent", a poursuivi Nathalie Vandecasteele. "Nous avons eu trois appels vidéo en presque onze mois. Et malgré l'insistance des Affaires étrangères, il n'a reçu que sept visites consulaires. Et à chaque fois qu'on a eu des nouvelles, elles n'étaient juste pas bonnes. Les deux premiers mois, il était dans une cave avec juste un drap - pas de matelas, pas de chaise. Aujourd'hui, il est toujours dans un sous-sol sans fenêtre. On le sort un quart d'heure par jour depuis juillet. La dernière fois qu'on a eu un contact, le 24 décembre, il parlait d'un bourdonnement à l'oreille. 'Mais on m'a donné des médicaments. Ça va aller', disait-il."
Et de conclure: "nous inviter donne toujours du courage. Le fait d'avoir voté la résolution, c'est plus que positif. Mais nous avons besoin, s'il vous plaît, d'avoir un acte fort, courageux, pour pouvoir libérer Olivier, le sortir de ce calvaire et nous soulager."
Interrogé sur le traité de transfèrement avec l'Iran, Olivier Van Steirtegem a affirmé que ce texte, actuellement suspendu par la Cour constitutionnelle, n'était pas écrit sur mesure en vue de la libération d'Olivier Vandecasteele. "Il est en négociation depuis cinq ans", a-t-il dit, se montrant favorable à sa mise en œuvre. "C'est précisément avec ces pays-là qu'il faut le faire, ceux dont on n'est pas certain des conditions de détention. Pas avec le Luxembourg. Un pays que j'aime beaucoup, mais dont on sait que les conditions de détentions sont similaires". M. Van Steirtegem a pris en exemple les États-Unis, "qui n'hésitent pas à récupérer leurs concitoyens. Et c'est tout à leur honneur."


