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Un voisin reçoit des menaces après la fermeture de la boîte de nuit bruxelloise Fuse

La discothèque Fuse a fermé ses portes, temporairement, le week-end dernier. Nurettin Gölcük, le voisin immédiat de cette boîte de nuit techno de la rue Blaes à Bruxelles, a obtenu raison de l'agence gouvernementale Bruxelles Environnement après s'être plaint de nuisance sonore. "Le club n'a pas à fermer ses portes à cause de moi, je veux juste qu'ils respectent les lois et isolent leurs murs", a-t-il déclaré.

Eric Steffens Belga
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Nurettin Gölcük a acheté l'immeuble d'habitation situé juste à côté de l'emblématique boîte de nuit il y a 12 ans. Il y voyait un investissement et une sécurité pour ses enfants. Au début, du moins, le week-end, tout était calme malgré la présence de la discothèque.

Mais, il y a quelques années, la boîte de nuit a démoli quelques murs pour agrandir l'espace. Puis le bruit est soudainement devenu beaucoup plus fort et la situation est devenue invivable.

"Cela fait des années que j'essaie de louer les deux autres appartements et le café du rez-de-chaussée, mais c'est impossible à cause des nuisances", dit-il. Il y a quelque temps, il a réussi à trouver un locataire, mais dès le lendemain, il a quitté l'appartement parce que le bruit était insupportable.  

Le voisin immédiat n'est pas le seul à subir des nuisances

Nurettin Gölcük n'est pas le seul à subir des nuisances : juste avant la crise du covid, une pétition contre les nuisances a recueilli 65 signatures de riverains. "Mais quiconque se plaignait était menacé ou soudoyé", et il ajoute qu'il a également reçu de nombreuses insultes à son adresse depuis l'annonce de la fermeture de la boîte de nuit.

Dans le quotidien "De Standaard", le propriétaire Steven Van Belle déclare de son côté que Fuse avait fait une offre pour racheter l'appartement du voisin. Gölcük avait refusé : "Je ne veux pas d'argent. Je ne veux pas être soudoyé."

Comme ils ne sont pas parvenus à un accord, l'affaire a été portée devant Bruxelles Environnement. L'administration lui a donné raison et a imposé un certain nombre de conditions : par exemple, le niveau sonore devait rester inférieur à 95 décibels et le club devait fermer à 2 heures du matin. Fuse ne pouvait pas se conformer à ces mesures dans un délai aussi court et a donc décidé de fermer ses portes.

"La fermeture n'est pas de ma faute, c'est une décision de Bruxelles Environnement", dit Gölcük. "Pourtant, c'est maintenant ce qui circule sur internet : 'Fuse doit fermer à cause du voisin'. Ma famille et moi avons déjà reçu de nombreuses menaces et accusations à notre encontre. Quelqu'un a même brisé une fenêtre en jetant une pierre."

"Un endroit vivable pour tout le monde"

Mais alors que veut le voisin ? "Les murs de Fuse ne sont pas isolés du bruit. Je leur ai dit plusieurs fois que je voulais qu'ils fassent des travaux, car cela pourrait réduire le niveau du bruit de 50 %". Il a lui-même une expérience dans le secteur de la construction et se dit disposé à effectuer les travaux lui-même. "Mais ils pensent que c'est un gaspillage d'argent et ne veulent pas acheter les matériaux".

Outre des murs moins perméables au bruit, le voisin souhaite que Fuse se conforme aux lois afin qu'il soit plus agréable de vivre pour les riverains. "Le volume devrait être de 95 décibels maximum, mais il est toujours plus fort. En outre, le club ne respecte pas d'autres lois. En fait, par exemple, ils ne sont pas autorisés à utiliser le premier et le deuxième étage car il n'est pas ignifugé", affirme Gölcük.

Le Collège des échevins de Bruxelles se penche actuellement sur cette affaire. Si elle annule la décision de Bruxelles Environnement, Gölcük réfléchit aux prochaines étapes. "Alors je la porterai l'affaire devant le Conseil d'État. Des enfants vivent aussi dans ce quartier, il faut que ce soit vivable pour tout le monde."

Le MR propose d'installer un "maire de la nuit", qui existe déjà à l'étranger

Dans le contexte de l'annonce de la fermeture du Fuse, boîte de nuit bruxelloise, le MR propose de créer une fonction de "maire de la nuit", un ambassadeur du monde de la nuit qui existe déjà dans une quarantaine de villes comme Paris, Amsterdam ou New-York.

Les députés bruxellois du MR Anne-Charlotte d'Ursel et David Weytsman ont déposé une proposition parlementaire en ce sens.

La situation créée par la fermeture du Fuse liée à la gestion des nuisances "illustre à point nommé la nécessité de créer pour Bruxelles une véritable politique de la vie nocturne pour créer des environnements plus dynamiques, plus sûrs, plus inclusifs, plus accessibles. Une vision qui permettrait de concilier les besoins d'une grande capitale internationale pour développer la culture, la fête, la musique, les restaurants, les bars et boites de nuit et de l'autre côté le droit à la tranquillité et la lutte contre les nuisances sonores et le tapage nocturne", ont commenté les deux députés libéraux, dans un communiqué.

Pour David Weytsman, le maire de la nuit permettrait de régler des conflits comme celui du Fuse en travaillant en amont avec les autorités politiques, les riverains, l'Horeca et les clubs, bien avant le dépôt d'une plainte.

Selon la députée Anne-Charlotte d'Ursel, ce représentant du monde de la nuit se devrait aussi de travailler avec le secteur sur des règles spécifiques ou avec les autorités sur des zones pourquoi pas souterraines où les normes pourraient être dépassées sans gêner de riverains. Il existe depuis peu à Bruxelles un Conseil bruxellois de la Nuit (CBN) qui rassemble des représentants de la Brussels By Night Federation, de la police, du SIAMU, de Bruxelles Environnement, des communes mais cet organe n'a été doté ni d'un capitaine qui incarne la fonction ni d'un cap précis.

 

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