Le parquet de Flandre occidentale a ouvert une information judiciaire pour déterminer si des faits de harcèlement ont poussé un adolescent de 15 ans, originaire de Waregem (Flandre occidentale), au suicide, comme l'affirment ses parents.
Le parquet ouvre une information judiciaire sur d’éventuels faits de harcèlement qui auraient poussé un adolescent au suicide à Waregem
Le jeune Daan s'est donné la mort la semaine dernière. Son établissement scolaire, l'école Saint-Paul à Waregem, a exprimé sa tristesse sur les réseaux sociaux. "Il n'y a pas de mot pour cette grande perte, si soudaine."
L'avocat des parents de l'adolescent avance que Daan a mis fin à ses jours à cause du harcèlement dont il était victime. À la demande des parents, une information judiciaire a donc été ouverte, a indiqué le parquet, qui précise que cela diffère d'une instruction judiciaire. "Nous allons, dans un premier temps, entendre les parents."
L'information judiciaire est essentiellement effectuée par la police, qui recueille les indices, entend les témoins, les victimes, les suspects, etc. Elle consigne tous ces éléments par écrit dans un procès-verbal, que le magistrat de parquet en charge de l'affaire joint au dossier. Toutefois, lorsque des mesures de contrainte s'imposent - comme une écoute téléphonique, un mandat d'arrêt ou de perquisition -, l'affaire fait alors l'objet d'une instruction judiciaire, menée par un juge d'instruction. Une fois que ce dernier a clôturé son instruction, il renvoie le dossier au parquet, qui vérifie s'il contient suffisamment de charges pour assigner un suspect en justice.
Les parents ne souhaitent pas nécessairement que les harceleurs soient sévèrement punis, mais veulent qu'ils soient sensibilisés aux conséquences de ce qu'ils ont fait
Me Thomas Vandemeulebroucke, l'avocat des parents
Il s'agirait donc de brimades, en termes juridiques de "harcèlements", également appelé "stalking", explique l'avocat Thomas Vandemeulebroucke. "Nous voulons enquêter pour savoir si des infractions pénales ont eu lieu. Les parents veulent que chaque pierre soit retournée, et veulent savoir qui est responsable de tel ou tel acte."
Les parents ne souhaitent pas nécessairement que les harceleurs soient sévèrement punis, mais veulent qu'ils apprennent à comprendre les conséquences désastreuses de leurs actes. "Sur les réseaux sociaux, on assiste actuellement à une chasse aux sorcières contre les auteurs, mais ce n'est absolument pas l'intention des parents. Ils ne cherchent pas à obtenir des punitions sévères, mais veulent sensibiliser le public. Ils veulent que des responsabilités soient mises en place et que les enfants comprennent que les brimades peuvent avoir des conséqeunces dramatiques."
Toute personne ayant des idées suicidaires peut contacter la ligne d'écoute du Centre de Prévention du Suicide au 0800 32 123 (elle est anonyme, gratuite et disponible 24h/24). Plus d'infos sur www.preventionsuicide.be.
