Un chargement de déchets contenant des PFAS en provenance des Pays-Bas pourrait encore être amené en Belgique pour y être détruit. La Secrétaire d'État néerlandaise à l'Environnement Vivianne Heijnen a retiré l'autorisation en fin d'année dernière, mais l'entreprise belge de gestion de déchets d'industrie Indaver conteste cette décision auprès du Conseil d'État néerlandais. Dans l'attente d'une décision, le Conseil autorise provisoirement l'exportation du chargement.
La Belgique pourrait encore traiter des PFAS en provenance des Pays-Bas
Les substances perfluoroalkylées, dites PFAS, constituent une grande famille de produits chimiques de synthèse qui sont largement utilisés pour fabriquer divers types d'articles de la vie quotidienne, tels que certains textiles, des ustensiles de cuisine antiadhésifs ou les mousses extinctrices d'incendie, en raison de leurs propriétés de résistance à la chaleur, hydrofuge ou anti-graisse.
Elles peuvent cependant avoir des effets néfastes sur la santé et l'environnement. En s'accumulant dans l'organisme, elles peuvent avoir une influence sur le cholestérol, le foie et le système immunitaire, et affecter la reproduction et le poids à la naissance, souligne l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
L’entreprise belge Indaver possède une installation à Anvers où les matériaux contenant du PFAS sont incinérés à haute température. La Secrétaire d'État néerlandaise de l’Environnement Heijnen estime pourtant que ses fours ne montent pas à une température assez élevée - soit 1.100 degrés - pour détruire les PFAS. Indaver soutient de son côté qu'une température de 1.040 degrés est suffisante. Des traces de PFAS ont été trouvées autour des fours, mais Indaver affirme qu'elles proviennent d'autres entreprises.
Le Conseil d’Etat doit encore se prononcer sur ce différend. Il se pourrait que la Secrétaire d'État néerlandaise obtienne finalement raison, "mais Indaver a en tout cas semé un doute suffisant à ce sujet", estime le Conseil d'Etat néerlandais. Il souligne néanmoins que "le fait que la Secrétaire d'Etat ait donné l'autorisation de transfert vers la Belgique pendant des années" compte aussi.
