Deux scientifiques liées à l’Institut flamand de Biotechnologie (VIB) et à l’Université de Gand (UGent) ont reçu une bourse de 300.000 euros pour poursuivre leur recherche sur le lien entre les bactéries intestinales et la maladie d’Alzheimer. C’est la Fondation Recherche Alzheimer, ancrée à Zellik, qui alloue cette bourse, estimant que l’étude est "intéressante et originale" et peut "mener à de nouvelles perspectives".
Des scientifiques gantois étudient le rôle des bactéries intestinales dans le développement de la maladie d’Alzheimer
Le professeur Roosmarijn Vandenbroucke et le docteur Charysse Vandendriessche et leurs équipes veulent savoir si et comment les bactéries intestinales peuvent expliquer le développement et l’évolution de la maladie cérébrale incurable qui atteint environ 70% des 220.000 personnes qui souffrent de démence en Belgique.
"On sait déjà qu’il y a une différence entre les bactéries intestinales de personnes en bonne santé et de personnes atteintes d’Alzheimer. Nous voulons analyser en quelle mesure ces bactéries jouent un rôle dans le naissance de la maladie", indiquent les chercheuses.
Des petites vésicules extracellulaires
La recherche de Vandenbroucke et Vandendriessche se concentre sur de petites vésicules qui sont fabriquées par ces bactéries intestinales dans divers fluides corporels. Elles veulent comprendre si les différences entre les bactéries intestinales chez les individus en bonne santé et chez les patients Alzheimer se reflètent aussi dans la composition des vésicules bactérielles qui se retrouvent dans le sang et les selles.
"On a découvert récemment que ces petites vésicules ne restent pas dans les intestins mais peuvent se disperser dans tout le corps et peut-être aussi atteindre le cerveau, où elles auraient un effet négatif". Le professeur Roosmarijn Vandenbroucke et son équipe veulent voir si les vésicules se retrouvent aussi dans le sang des patients qui ont Alzheimer.
"Cela peut nous aider à trouver un biomarqueur pour la maladie, c’est-à-dire une caractéristique très précise qui nous permet de voir très tôt que quelqu’un a la maladie ou est sensible à cette maladie". Dans un second stade, la recherche permettra peut-être de découvrir comment retirer ces vésicules si elles avaient une influence néfaste sur le cerveau.
La Fondation Recherche Alzheimer finance cette recherche à Gand, à hauteur de 300.000 euros. "Le lien que les chercheuses tentent d’établir entre les bactéries intestinales et la maladie d’Alzheimer peut apporter de nouvelles perspectives", indique Joost Martens, directeur de la Fondation.
Le professeur Roosmarijn Vandenbroucke est reconnaissante pour cette aide financière. "Il faudra encore de nombreuses années avant de pouvoir développer un remède à cette forme de démence. C’est pourquoi nous avons réellement besoin de cette aide de la Fondation Recherche Alzheimer".
