Près de huit commerçants indépendants sur dix ont le sentiment de jouer leur survie pendant les soldes d'hiver qui débutent ce mardi et dureront jusqu’au mardi 31 janvier. C'est ce qui ressort du dernier sondage de l'Union des Classes Moyennes (UCM). De son côté, le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) promet déjà des démarques exceptionnelles, commençant en moyenne à 30% de remise. D’après les associations sectorielles Mode Unie et Unizo, les commerçants ne s’attendent pas à de très bonnes ventes en cette période de soldes. Un tiers d’entre eux estiment qu’ils écouleront moins de marchandises restantes qu’ils n’ont pu le faire l’an dernier. A Anvers, les magasins de mode se montrent par contre plus optimistes, en raison d’une affluence croissante ces dernières semaines.
Les soldes d’hiver ont débuté ce mardi, avec des remises de 30% en moyenne
D’après le SNI, quatre commerçants sur cinq (81%, contre 69% l'année dernière) commenceront avec une remise de minimum 30%. Pour un sur cinq (21%), il s'agira même de réductions immédiates de 50%. Plus de quatre commerçants sur dix (42,8%) déclarent auprès de l'UCM avoir déjà fait des promotions en décembre. Cela pourrait amortir le choc des prévisions négatives. Car l'humeur n'est clairement pas à la fête.
Selon le sondage de l'UCM, environ deux commerçants sur trois (64,2%) affirment que leur chiffre d'affaires a reculé ces six derniers mois. Plus de trois sur quatre (76,1 %) craignent aujourd'hui de devoir mettre la clef sous le paillasson. Avant la crise sanitaire, en 2019, seuls 5,2% des interrogés en étaient arrivés à ce point.
Les causes du déclin actuel sont multiples d'après l'enquête de l’Union des Classes Moyennes: baisse du pouvoir d'achat des clients, hausse des facteurs d'énergie, indexation du salaire des collaborateurs et incertitude liée à l'actualité géopolitique. "Il ne faut évidemment pas non plus sous-estimer l'influence des achats en ligne qui sont toujours en hausse" ajoute le SNI.
Pas moins de 500 commerçants wallons et bruxellois ont répondu aux questions de l'UCM. Ils sont actifs dans les secteurs de l'équipement, des soins de la personne ou de la décoration. La consultation menée par le SNI a, elle, récolté entre 150 et 200 retours.
"Nous restons la ville de la mode par excellence"
A Anvers (photo), les commerçants indépendants espèrent vendre beaucoup pendant ce mois de remises, leurs rayons étant encore bien remplis après un début d’hiver très doux. Ils constatent une certaine frilosité des clients. "Les gens semblent avoir peur de grosses factures d’énergie et viennent donc moins acheter", indiquait Nico Volckeryck, directeur régional du SNI à Anvers.
La période de Noël semble néanmoins avoir redonné un peu confiance aux consommateurs. "Les prix de l’énergie en baisse me rendent plus optimiste", confiait Volckeryck, tout en ajoutant que les commerçants anversois ont moins gagné ces dernières semaines qu’à la même époque l’an passé. "Nous avions alors pensé que les mesures de prévention contre le coronavirus allaient éloigner les clients, mais comme les magasins étaient encore fermés aux Pays-Bas, nous avons accueilli à Anvers une vague de clients néerlandais. Janvier était alors devenu le meilleur mois de l’année".
Nico Volckeryck constate que “faire du shopping pour le plaisir est redevenu populaire" depuis la disparition des mesures de prévention contre le Covid-19. "Les éclairages dans la ville et le concept de "L’hiver d’Anvers" qui comprend le marché de Noël ont attiré beaucoup de monde dans la métropole". Les magasins de mode se font un peu moins de souci pour leurs ventes, étant donné que le nombre de clients a nettement augmenté ces dernières semaines. "Et puis Anvers reste la ville de la mode par excellence", concluait Volckeryck.

