Aller au contenu principal

Dès ce 1er janvier, votre facture d’électricité en Flandre dépendra du tarif capacitaire

Après deux reports au cours de l’année écoulée, le régulateur flamand de l’énergie VREG lance ce dimanche le tarif capacitaire pour l’électricité. Ce qui signifie que la partie de la facture liée aux frais de réseau tiendra compte notamment des pics de consommation de chaque ménage et des professionnels sur le réseau basse tension. Le tarif capacitaire veut encourager les consommateurs à répartir le plus possible leur utilisation d’appareils énergivores puisqu’ils devront alors payer moins. Les ménages bénéficiant d’un tarif social ne seront pas soumis au tarif capacitaire.

Anne François
Publié:

Pour parvenir aux objectifs climatiques fixés par les autorités, il faudra passer progressivement à des énergies neutres en CO2. L’électricité remplacera ainsi de plus en plus des combustibles fossiles, comme le gaz naturel ou le mazout. Le but est cependant de pouvoir effectuer cette transition sans devoir investir des milliards d’euros dans un réseau électrique plus lourd. Le régulateur flamand de l’énergie VREG a donc cherché des moyens d’encourager les ménages à répartir davantage sur la journée la consommation d’électricité, afin de pouvoir mieux utiliser l’énergie générée par des éoliennes et des panneaux photovoltaïques.

En calculant différemment les frais de réseau, la VREG espère que les consommateurs utiliseront différemment leurs appareils énergivores, à savoir qu’ils ne les feront plus tourner tous au même moment et plus la nuit. En générant moins de pics de consommation sur le réseau, ils paieront moins de frais de réseaux.

La facture d’énergie se divise en trois parties : les coûts d’énergie, les taxes et les redevances de réseau (les coûts pour la pose et l’entretien du réseau électrique). Jusqu’à présent, le consommateur payait en fonction de sa consommation. Avec le tarif capacitaire, les coûts de réseau dépendront des pics de consommation. Concrètement, la VREG sépare dorénavant en deux parties les frais de réseaux payés par tous les ménages et les professionnels raccordés au réseau basse tension en Flandre.

D’une part, les consommateurs payent ainsi un montant pour les pics créés par leur consommation d’électricité. Ces pics de consommation résultent de l’utilisation simultanée de plusieurs appareils énergivores. Celui qui génère des pics élevés paiera donc plus que celui qui répartit sa consommation. D’autre part, les consommateurs payent une contribution pour la quantité d’électricité qu’ils prélèvent sur le réseau.

Le gestionnaire du réseau déterminera chaque mois les plus grands pics de consommation, sur base desquels le tarif capacitaire de chaque ménage et professionnel sera calculé.

Comment sont calculés les pics de consommation ?

Avec un compteur digital, c’est simple : le gestionnaire de réseau peut voir chaque mois quels sont les moments de plus grosse consommation. "Pour la plupart des ménages ce pic mensuel sera environ de 3,5 à 4 kW", expliquait à Radio 2 Dieter Jong, expert en énergie d’Eiya Consult.

A terme, le compteur digital deviendra la norme, mais à l’heure actuelle il y a encore de nombreuses habitations qui ont un compteur analogique. "Dans ce cas, c’est un forfait qui est appliqué", indiquait Dieter Jong. "On a choisi de baser ce tarif forfaitaire sur la consommation minimale de 2,5 kilowatt. Et on y ajoute une partie basée sur la consommation, comme à l’heure actuelle".

Certains propriétaires de compteur digital estiment être sanctionnés. "Mais à terme tout le monde sera égal devant la loi puisque le compteur digital deviendra la norme. D’autre part, de loin pas tout le monde qui possède un compteur analogue aura droit au forfait le plus bas puisque la consommation annuelle sera aussi prise en compte. Les ménages qui ont une consommation annuelle élevée - par exemple s’ils se chauffent à l’électricité - payeront un tarif plus élevé".

Et de toute façon, compteur digital ou analogique, une contribution minimale correspondant à un pic mensuel de 2,5 kW devra toujours être payée. Même si le pic mensuel réel est inférieur. Ainsi, la VREG s’assure que toute personne en Flandre connectée au réseau basse tension contribue de manière proportionnelle aux frais du réseau avec tarif capacitaire.

Payera-t-on plus ou moins pour l’électricité ?

“D’après une étude de l’Université de Gand, au moins 60% de la population devrait payer moins pour son électricité grâce au tarif capacitaire", précisait Dieter Jong à Radio 2. "Le système récompense avant tout les ménages qui électrifient davantage. Ceux qui ont déjà une pompe à chaleur, un boiler électrique et une voiture électrique seront mieux lotis, à terme, que ceux qui continuent à utiliser le gaz naturel". A condition d’avoir un compteur digital.

Qui payera davantage? “Surtout les petits consommateurs qui ont occasionnellement un moment de plus grosse consommation. Par exemple ceux qui allument une fois par mois leur sauna électrique ou mettent un rôti pendant plusieurs heures au four. Aussi basse que soit leur consommation les autres jours, ils seront taxés sur ce pic de consommation".

Les personnes qui possèdent une seconde résidence sentiront la différence, met en garde Dieter Jong. "Pour un appartement à la mer qui n’est utilisé que le week-end, le tarif capacitaire sera calculé sur ce pic de consommation de deux jours".

Disparition du tarif de nuit

Pour ce qui est des frais de réseau, il n’y aura plus de différence entre tarif de jour et de nuit dès ce 1er janvier. "Le tarif de nuit avait été lancé pour permettre aux centrales électriques de continuer à tourner aussi de nuit à une puissance constante. Mais aujourd’hui, la situation est inverse : l’électricité est surtout produite de jour, avec les panneaux solaires. Le tarif avantageux de nuit disparaît donc".

Les ménages qui possèdent des panneaux solaires, font donc bien de faire tourner leurs machines pendant que le soleil brille et que leurs panneaux photovoltaïques produisent de l’énergie.

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5