Le "Risk Management Group", le groupe d'experts de la santé qui donne des conseils sur les mesures de protection, se réunira lundi pour examiner si notre pays peut intensifier la détection de nouveaux variants potentiels du Covid. La réunion a lieu à la demande du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). La raison en est la vague de contaminations au covid en Chine. Le ministre souligne toutefois que c'est surtout notre propre comportement qui compte aujourd'hui pour empêcher la propagation des virus et des maladies respiratoires.
Vague de contaminations au Covid en Chine : Frank Vandenbroucke convoque le Risk Management Group (RMG)
À partir du 8 janvier, la Chine délivrera à nouveau des visas à ses ressortissants qui désirent voyager à l'étranger. Cet assouplissement fait suite à la décision de Pékin d'abandonner sa politique "zéro Covid", pratiquée depuis début 2020, face à la colère croissante de la population. Il a déclenché une ruée vers les vols internationaux, après trois ans d'isolement. Or l'abandon brutal de la politique "zéro Covid" s'accompagne d'une importante vague de contaminations en Chine.
De nombreux hôpitaux chinois manquent de médicaments et de personnel et les crématoriums fonctionnent jour et nuit. Plusieurs pays comme les États-Unis, l'Italie, l'Espagne ou la France ont déjà annoncé qu'ils exigeraient un test Covid négatif pour l'entrée de touristes chinois sur leur territoire.
L'Union européenne ne partage pas cette précipitation, même si elle dit rester vigilante. Les Etats européens se sont réunis hier pour des consultations, mais il a été décidé de ne pas prendre de mesures supplémentaires pour le moment. Côté belge, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke a confirmé que notre pays s'alignait sur l'approche européenne.
"La Belgique dispose d'un niveau de protection très élevé contre Omicron, le variant qui sévit actuellement en Chine, et ce grâce aux campagnes massives de vaccination. En outre, beaucoup de gens ici ont déjà contracté le virus. Pour l'instant, nous pouvons donc continuer ainsi. Mais nous suivons la situation de très près", a commenté le ministre jeudi.
Frank Vandenbroucke se veut rassurant
Frank Vandenbroucke a répété son message ce vendredi matin dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). "Pour nous, cela ne signifie pas un risque épidémiologique nouveau. Nous ne sommes pas soudainement confrontés à un nouveau risque. Ce serait complètement différent s'il s'agissait d'un autre variant contre lequel nous ne sommes pas armés."
L’apparition de nouveaux variants est toujours possible, mais il est considéré actuellement comme peu probable par les scientifiques. "Je fais référence à ce que disent le biostatisticien Tom Wenseleers et le virologue Steven Van Gucht à ce sujet. En Chine, un variant fait rage là où il y a peu de résistance, en partie à cause d'une faible vaccination et de vaccins de qualité inférieure. Ce n'est pas un problème ici. Il est peu probable que nous obtenions soudainement un variant plus dangereux."
Pourtant, Frank Vandenbroucke se veut aussi prudent. "Un virus peut toujours muter, donc je veux faire preuve de prudence et être préparé. C'est pourquoi j'ai demandé aux experts sanitaires du groupe de gestion des risques de se réunir lundi et d'examiner s'il est réaliste et utile de renforcer le suivi des variants."
Cette réunion pourrait éventuellement entraîner des mesures comme un test obligatoire pour les voyageurs malades, qui ont de la fièvre et qui présentent des symptômes à leur arrivée et ce afin de déterminer quel est le variant. " C'est un exemple. Mais la question est de savoir si cela est réaliste, utile, nécessaire", a souligné à plusieurs reprises Frank Vandenbroucke.
Quoi qu'il en soit, si des mesures devaient suivre, il serait préférable qu'elles soient prises au niveau européen. "Les gens n'arrivent pas seulement chez nous par avion, ils viennent aussi de pays autres que la Chine. Les Français, les Néerlandais et les Allemands sont plus nombreux à arriver en Belgique que les Chinois."
La question principale est :"Comment allons-nous nous comporter ici ?"
"La principale question est en fait de savoir comment les 11 millions de Belges vont se comporter dans les jours et les semaines à venir", ajoute Frank Vandenbroucke. "Il y a beaucoup de grippes qui circulent, beaucoup de RSV (Virus respiratoire syncytial), beaucoup de Covid, et c'est une période festive.
Comment allons-nous nous comporter pour éviter que la grippe, le RSV et le Covid circulent encore plus. Et de rappeler les mesures de base : Lavez-vous les mains, ventilez les pièces, n'allez pas à une fête si vous vous sentez malade et portez un masque."
"Si vous avez plus de 50 ans et n'avez pas encore été vacciné contre la grippe, faites-le, c'est la dernière occasion. De plus, si vous avez plus de 50 ans et que vous n'avez pas encore fait votre rappel, allez à la pharmacie ou chez votre généraliste. Ces mesures, c'est le message principal."
