L'Union cycliste internationale (UCI) veut infliger une suspension de deux ans à Toon Aerts après son test antidopage positif subi en début d'année. Le coureur, spécialiste du cyclocross, l'a annoncé jeudi en conférence de presse. Toon Aerts, qui se proclame innocent, ne pourrait pas courir à nouveau avant février 2024.
Très ému, Toon Aerts annonce que l'UCI veut le suspendre pendant deux ans après son test positif
En janvier dernier, des traces de métabolite du létrozole, un produit interdit, avaient été retrouvées dans un échantillon prélevé chez Aerts lors d'un contrôle hors compétition. Il affirme ne pas avoir pris le produit intentionnellement et l'UCI confirmerait cela. Raison pour laquelle la suspension ne serait 'que' de deux ans et non de quatre, comme dans le cas d'un usage intentionnel.
Pas intentionnellement
Selon Toon Aerts et son entourage, pour éviter une sanction ou obtenir une réduction plus importante, il est nécessaire de prouver de manière juridiquement concluante que la petite quantité de létrozole s'est retrouvée dans le sang du coureur par le biais de nourriture ou d'un complément alimentaire contaminé.
"Un test en laboratoire a trouvé des traces possibles dans un tel 'conteneur', mais l'UCI doit pouvoir le confirmer par un test sur un conteneur encore fermé et aucune trace n'y a été trouvée jusqu'à présent."
Toon Aerts affirme qu'il n'abandonnera pas pour l'instant, mais se rend compte que prouver son innocence sera très difficile. "Cette saison, je ne pourrai plus entrer en action. J'ai encore beaucoup d'incertitudes, mais au plus tard en février 2024, ma deuxième carrière commencera. Cette sanction ressemble à une injustice, avec le règlement actuel, tout sportif court le risque d'être suspendu en étant innocent."
Un produit destiné aux patients atteints d’un cancer
Le létrozole est destiné aux patients atteints d’un cancer (du sein), mais il figure sur la liste des produits dopants, car il peut également améliorer les performances des sportifs. "Je n'en avais jamais entendu parler", a déclaré Aerts.
"La concentration minuscule dans mon sang indique également qu'il ne s'agit pas de dopage volontaire." Des recherches propres demandées par l'entourage du coureur montreraient que des échantillons de cheveux contenaient des traces de létrozole pendant quatre mois, alors qu'il n'y a eu qu'un seul contrôle antidopage positif. "Cela parce que l'UCI n'a pas fixé de limite inférieure pour ce produit. Si le contrôle avait été effectué quelques heures plus tard, on n'aurait peut-être rien trouvé."
Aerts se tourne à présent vers le tribunal antidopage de l'UCI pour faire valoir ses droits. "Ces derniers mois, tout se passait par mail et selon des procédures établies", a expliqué son manager Yannick Prévost. "Au tribunal antidopage, nous pourrons nous asseoir à la table et raconter notre histoire. Jusqu'à présent, il n'y avait pas de place pour l'émotion ou la nuance."
Tout le monde sait à présent que je ne suis pas un tricheur
Toon Aert dit avoir reçu de nombreuses marques de soutien de la part du monde du cyclocross. "Surtout ces derniers mois, les coureurs ont commencé à se rendre compte qu'ils pourraient vivre la même chose. J'ai reçu beaucoup de soutien et beaucoup de demandes pour accompagner durant l'entraînement, cela en dit assez. C'est aussi un peu un soulagement que l'UCI elle-même dise maintenant que je n'avais aucune intention de me doper et donc tout le monde sait à présent que je ne suis pas un tricheur."
