Un nombre record de trains ont été annulés durant l'année écoulée, écrit De Tijd mercredi. Le quotidien néerlandophone a analysé les chiffres du gestionnaire de l'infrastructure des chemins de fer belges, Infrabel, pour en arriver à cette conclusion. Des problèmes structurels au niveau des équipements et du personnel sont à l'origine de la forte réduction des services ferroviaires.
Au total, plus de 38.400 voyages prévus ont été annulés depuis janvier. Avant même que l'année ne soit terminée, 2022 bat déjà le record de 2016 qui avait vu plus de 38.000 trains partiellement ou totalement supprimés. Mensuellement, cela représente pour l'instant pratiquement 3.500 trajets de moins par rapport à ce qui était programmé. Mais comme il reste encore quelques jours avant que le rideau ne tombe sur 2022, le total annuel risque bien de dépasser les 40.000 défaillances.
À l'exception de l'an 2020 marqué par l'émergence du coronavirus, le nombre de trains supprimés est en augmentation depuis des années. Des accidents, des traversées de voies ferrées ou des facteurs externes comme la météo en sont les principales raisons. Mais cette année, l'impact du manque de personnel et du fort taux d'absentéisme à la SNCB est particulièrement frappant. En temps normal, ils causent un tiers des annulations. Aujourd'hui, leur taux d'influence s'élève à 40%. Cela correspond à plus de 15.000 suppressions.
À cela s'ajoute l'infrastructure vieillissante. De nombreux wagons vétustes continuent de rouler, car les 200 nouveaux trains à double étage commandés n'ont toujours pas été livrés. Selon les estimations, 700 kilomètres de voies sont également en si mauvais état qu'aucun véhicule ne devrait les emprunter. Par conséquent, les conducteurs doivent rouler plus lentement. Ce qui entraîne des retards.
Le taux de ponctualité a encore régressé cette année. Moins de 90% des trains ont rejoint les quais dans les six minutes suivant l'heure d'arrivée prévue. Ce sont principalement les grandes gares du pays qui en font les frais.
Réaction d'Infrabel
En réaction, le porte-parole d'Infrabel, Thomas Baeken, affirme que son employeur était responsable de 17,2% des arrêts partiels ou entiers durant le mois de novembre. En comparaison avec l'année précédente, c'est une augmentation de 3,5%. Mais en 2020, le pourcentage était évalué à presque 20%.
Thomas Baeken assure qu'Infrabel a accumulé du retard dans la maintenance à cause de cures d'économies. Mais il ajoute que ce retard peut être résorbé entre 2025 et 2032. Et il insiste sur le fait que le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire n'a jamais lésiné sur les moyens financiers pour ce qui est de la sécurité des usagers.
