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Hausse des agressions contre les médecins en 2022 : "les gens n'ont plus aucune patience"

Depuis le début de l'année, la ligne d'assistance téléphonique de l'Ordre des médecins a enregistré un peu moins de 70 cas d'agressions commis par des patients contre des médecins. Il s'agit d'une nouvelle augmentation, après un déclin au cours des dernières années du covid. Ce chiffre peut sembler peu élevé, mais il ne s'agit que de la partie visible de l'iceberg, en effet, de nombreux médecins ne signalent pas les agressions dont ils sont victimes. VRT NWS s'est entretenu avec une généraliste d'Anvers pour qui le phénomène de l'agression n'est pas inconnu.  

Eric Steffens
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"Un matin, nous sommes arrivés au cabinet et, à notre grande surprise, les plaques de trois de quatre confrères avaient disparu de la façade", raconte Annemarie Adriaenssens, médecin généraliste à Anvers dans l'émission "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT). C'est encore un cas d'agression auquel le cabinet médical de Linkeroever a dû faire face. 

"Nous constatons régulièrement que des patients sont mécontents parce qu'ils n'obtiennent pas de rendez-vous assez rapidement, etc. Ensuite, ils viennent nous voir au secrétariat pour créer des problèmes."

Ce phénomène s'est accentué surtout pendant la pandémie de covid, car il y a de plus en plus de monde en consultation. Les gens n'étaient pas rassurés et voulaient des explications. Maintenant qu’il y a la covid mais aussi la grippe et d'autres infections, c’est de nouveau la même chose. Je ne me souviens pas avoir connu ça il y a cinq ans."

Beaucoup plus de travail pour le généraliste signifie parfois des temps d'attente un peu plus longs pour les patients. "Or les gens ont de moins en moins de patience", souligne Annemarie Adriaenssens. "Tout doit être résolu immédiatement. Or, ce n’est pas possible !"

Cela pèse tellement sur le moral de tous les médecins que beaucoup risquent de démissionner ou de faire un burn-out

Michel Deneyer, de l'Ordre des médecins

"Je ne suis plus l'une des plus jeunes et j'ai déjà une certaine expérience, mais j'entends des collègues plus jeunes dire qu'ils partent sur la route avec plus d'appréhension, dans les immeubles d'habitation ici sur la Linkeroever", ajoute Annemarie Adriaenssens. 

"Dans le poste de garde où nous sommes de permanence le week-end, un chauffeur nous accompagne lors des visites à domicile. Ce problème est partiellement réglé." Mais dans notre propre cabinet de groupe, ce n'est pas le cas.

"C'est tout sauf agréable. Heureusement, cela se limite à de l'agression verbale. Je ne me suis pas encore sentie physiquement menacée, mais un de mes collègues bien." Il semble qu'il s'agissait d'un patient qui tapait sur bureau dans la salle de consultation ou qui claquait les portes. C'est assez intimidant. "Cela pèse tellement sur le moral de tous les médecins et prestataires de soins que beaucoup risquent de démissionner ou de faire un burn-out", déclare Michel Deneyer, de l'Ordre des médecins.

"80 % des médecins disent que de telles choses sont très pénibles, car ils ont le sentiment qu'il s'agit d'une menace très personnelle pour leur intégrité physique et psychologique", ajoute Michel Deneyer  

De nombreux médecins ne signalent pas lorsqu'ils se font agresser

Et cette agression contre les prestataires de soins de santé semble se produire dans de nombreux endroits, selon l'Ordre des médecins : non seulement dans la salle de consultation du généraliste ou à domicile, mais aussi dans les services d'urgence des hôpitaux ou les services psychiatriques. "Ce qu'il faut, c'est qu'il y ait une grande campagne de sensibilisation auprès de la population pour dire que de telles choses ne peuvent pas se produire", ajoute Michel Deneyer.

Il est également important que les médecins concernés le signalent lorsqu'ils sont victimes d'une agression, ce qu'ils ne font pas toujours aujourd'hui. En outre, Michel Deneyer souhaite que la législation permette aux médecins de partager les données relatives à certains patients. 

"Nous communiquons de temps en temps sur ce sujet avec les médecins généralistes de notre région, mais cela pourrait poser un problème de confidentialité", explique Annemarie Adriaenssens. "Cela nous aiderait un peu, si les fauteurs de troubles étaient enregistrés."  

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