Pas moins de 474 entreprises reçoivent cette semaine un avertissement signalant que le nombre d'employés malades de longue durée atteint la limite. Il s'agit d'employés qui sont en incapacité de travailler depuis plus d'un an et bénéficient d'allocations, à l'exclusion des fonctionnaires. La moitié de ces firmes risquent de se voir infliger une amende, rapportent vendredi De Standaard, Het Nieuwsblad et Het Belang van Limburg.
Près de 500 entreprises belges comptant trop d'employés malades risquent une grosse amende
Les entreprises les plus concernées sont actives dans le secteur du nettoyage, des soins résidentiels et hospitaliers. Si elles ne parviennent pas à faire baisser le nombre d'employés malades de longue durée au sein de leur organisation, elles risquent d'écoper d'une amende l'an prochain. Celle-ci peut s'élever à 2,5% de leur masse salariale annuelle totale. Dans une petite entreprise cela pourrait peser près de 20.000 euros, dans une grande, la somme pourrait grimper à 200.000 euros.
Selon le cabinet du ministre des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke (Vooruit), 212 entreprises ont déjà été épinglées, ce qui générerait 1,5 million d'euros, un montant alors affecté à des fonds de prévention.
Un tiers des entreprises concernées sont actives dans le secteur des soins de santé. "En effet, on constate que, par rapport à d'autres secteurs, le nombre de malades de longue durée a sérieusement augmenté", indique Margot Cloet de Zorgnet-Icuro.
Réaction du secteur des soins de santé
"Depuis le covid, l'absentéisme du personnel a été très élevée", poursuit Margot Cloet. "Nous aussi, nous pensons qu'il est très important de s'attaquer à ce problème, mais on ne le fait pas en donnant une amende. Au contraire, pour les directions des entreprises de santé, ce message est en fait démotivant."
"La lettre de relance est également très inopportune dans notre secteur. Les centres de soins résidentiels et les hôpitaux sont complets. Pour beaucoup d'employés et d'employeurs, c'est une période épuisante. Si vous devez ensuite payer une amende, vous êtes en fait doublement sanctionné en tant qu'entreprise de soins de santé."
Johan Staes, du Réseau flamand des soins indépendants (VLOZO), regrette également ce rappel. "Payer une amende est très gênant", dit-il. "Si ces amendes sont effectivement appliquées, ce serait un gros problème pour notre secteur. Au lieu de cela, le ministre pourrait également prendre des mesures pour que la profession d'infirmier reflète mieux les tâches que le personnel doit accomplir chaque jour."
Certains expriment de la compréhension
Pourtant, tout le monde n'est pas mécontent de la menace d'amendes éventuelles. "Cela encouragera notre secteur à prendre de nouvelles mesures pour travailler de manière préventive afin de lutter contre l'absentéisme de longue durée", déclare Paul Cappelier, de la Fédération belge des professionnels de la santé.
