Aller au contenu principal

Des hôpitaux flamands plongeront dans le rouge en 2023 : "Je crains que certains ne chavirent"

Près de 80% des hôpitaux flamands se retrouveront l’an prochain dans une situation financière délicate. C’est ce qui ressort d’une enquête menée auprès des hôpitaux de la Région par Zorgnet-Icuro, l’organisation faîtière des hôpitaux généraux en Flandre. En cause, avant tout, la hausse des coûts d’énergie. “Je crains que certains de ces établissements ne chavirent”, indiquait à VRT NWS Margot Cloet, administratrice déléguée de Zorgnet-Icuro.

Anne François
Publié:

L’élaboration du budget se révèle être un exercice difficile pour les hôpitaux flamands cette année, précise Margot Cloet (photo). Pour l’ensemble des hôpitaux, Zorgnet-Icuro constate un résultat d’exploitation négatif de 114 millions d’euros. Cela représente 300 millions d’euros en moins qu’il y a deux ans. L’organisation faîtière estime que ce résultat diminuera encore en 2023 de près d’un demi-milliard d’euros.

Une enquête réalisée auprès des hôpitaux et à laquelle à peu près la moitié d’entre eux ont participé révèle que 80% des établissements de soins devraient descendre dans le rouge l’an prochain. A Bruxelles et en Wallonie ce pourcentage serait encore plus élevé. "Ces hôpitaux ont moins de marge que ceux de Flandre", précise Zorgnet-Icuro.

La cause principale de cette mauvaise santé financière est la hausse des prix de l’énergie. "Pour les hôpitaux de Flandre, nous évaluons l’augmentation des dépenses liées à l’énergie à 191 millions d’euros", indique Zorgnet-Icuro. Pour les hôpitaux de l’ensemble du pays, cette augmentation des dépenses serait de 309 millions d’euros. "Les hôpitaux sont gros consommateurs d’énergie. Mais d’autres dépenses ont également augmenté, comme les médicaments. Cela provient de l’inflation et la guerre en Ukraine", précise Margot Cloet.

Compensation fédérale

L’administratrice déléguée qualifie la situation d’inquiétante. "Les hôpitaux devront puiser dans leurs réserves. Nous craignons qu’ils ne soient obligés de couper dans leurs investissements. Ces derniers sont pourtant nécessaires pour pouvoir innover et satisfaire aux attentes des autorités et des patients". D’après une analyse de la banque Belfius, les investissements des hôpitaux ont déjà baissé de 40% entre 2018 et 2021.

Le gouvernement fédéral prévoit donc 80 millions d’euros comme compensation des prix de l’énergie pour l’ensemble des hôpitaux belges, pour le premier semestre 2023. "Ce sera nettement insuffisant pour couvrir les coûts d’énergie", constate Margot Cloet. "Nous allons devoir négocier avec le gouvernement".

En échange des compensations, les hôpitaux devront se passer de certaines rentrées. "Depuis un an déjà, les hôpitaux doivent geler les suppléments d’honoraires", indique Margot Cloet. "Et les suppléments pour les chambres individuelles ne peuvent pas être augmentés. Ces derniers permettent cependant de réduire les coûts des hôpitaux. Il n’est pas souhaitable que la hausse des coûts retombe sur les patients, mais il semblerait que les hôpitaux n’aient pas d’autre choix. S’il n’y a pas d’aides supplémentaires, je crains que certains hôpitaux ne chavirent".

Les plus lus

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5