À ce jour, rien n'indique que des criminels aient dérobé des données personnelles susceptibles de nuire gravement à des citoyens", a tenu à rassurer, lundi, le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever (N-VA), à la suite de la cyberattaque qui a touché la Ville d'Anvers dans la nuit du 5 au 6 décembre.
Bart De Wever : "Rien n'indique que des données personnelles susceptibles de nuire gravement à des citoyens aient été dérobées"
Lors d'une conférence de presse tenue lundi, Bart De Wever a réaffirmé qu'aucune négociation n'avait eu lieu avec les cybercriminels et qu'aucun paiement n'avait été effectué.
Le bourgmestre d'Anvers a également déclaré que les services informatiques de la ville étaient hors service depuis deux semaines, principalement par mesure de précaution, en guise de verrouillage.
"Le redémarrage aurait pu être plus rapide, mais notre but est la sécurité", indique-t-il. "Ce n'est que lorsque la sécurité sera garantie à 100 % que nous remettrons les systèmes en ligne. De nombreux services vont redémarrer dans les prochains jours, mais l'activation des toutes dernières applications prendra encore des semaines, en fonction d'une liste de priorités."
Selon la ville, l'absence de paiement d’une rançon s'explique en partie par la nature des données saisies et l'absence de garantie de solution au moment du paiement. "Ce n'est pas une décision évidente et je comprends que des collègues dans une situation similaire auraient pris une décision différente", argumente Bart De Wever. "Mais vous n'avez aucune garantie que les données capturées ne seront pas encore diffusées d'une autre manière, que les systèmes redeviendront immédiatement opérationnels après le paiement, ou que les criminels ne frapperont pas à nouveau."
On ignore donc pourquoi Anvers a disparu de la liste des organisations touchées par le collectif de pirates Play ce week-end. "C'est également un mystère pour nous", a déclaré Youri Segers, PDG de Digipolis, le gestionnaire informatique autonome de la ville d'Anvers.
Les données qui ont été saisies comprennent des documents administratifs sur le personnel, les plans des bâtiments, les finances et les assurances, ainsi qu'un certain nombre de dossiers de courrier.
Genk et Hasselt étaient aussi sur la liste du collectif de pirates "Play"
Le collectif de pirates informatiques "Play" ne voulait pas se limiter à la Ville d'Anvers et avait également ciblé d'autres villes, dont Louvain, Hasselt et Genk. Les villes en question en ont été informées la semaine dernière afin de prendre les mesures nécessaires. Wim Dries, bourgmestre de Genk et président de l'Association des villes et communes flamandes (VVSG), l'a annoncé lundi.
"Nous avons immédiatement tout vérifié et pris des mesures", a dit M. Dries. Dans la foulée de l'incident anversois, les autorités genkoises ont examiné la vulnérabilité de leurs systèmes informatiques. "Des points d'amélioration ont été détectés et sont désormais appliqués. Nous avons aussi sensibilisé nos collaborateurs et renforcé la surveillance de notre réseau et de nos systèmes", a encore expliqué Wim Dries, qui ne peut toutefois pas écarter une éventuelle future attaque. "Nous réfléchissons à un potentiel système de secours."
La VVSG n'a pas attendu la cyberattaque subie par la Ville d'Anvers pour saisir ce problème à bras-le-corps. "Nous travaillons sur la cybersécurité depuis longtemps. L'an dernier, nous avons accompagné de nombreuses communes pour les aider à contrer le piratage éthique. Nous avons aussi organisé deux séminaires virtuels avec des élus locaux grâce à l'expérience acquise après l'attaque anversoise", a ponctué M. Dries.
Refroidie par les récents événements survenus dans la nuit du 5 au 6 décembre, la Ville d'Anvers a d'ailleurs annoncé l'accélération des mesures visant à améliorer sa cybersécurité. Elle a aussi rappelé qu'un budget de 14,6 millions d'euros avait été débloqué fin 2021 à cet effet.
Selon le bourgmestre Bart De Wever, "un sprint est désormais nécessaire dans le marathon de la cybersécurité".

