Les accusés Salah Abdeslam et Bilal El Makhoukhi ont refusé de se présenter ce mardi matin devant la cour d'assises de Bruxelles dans le cadre du procès des attentats de mars 2016. La présidente de la cour Laurence Massart (dessin) a finalement suspendu l'audience vers 9h50 après avoir appris que Bilal El Makhoukhi n'était pas représenté par un avocat. Ce dernier veut d’abord savoir pourquoi son client ne veut pas assister au procès. Le bâtonnier a été appelé à effectuer une médiation.
Le procès des attentats de 2016 suspendu : deux accusés refusent d’y assister
Tout comme lundi, où il avait fait savoir qu’il avait des maux de gorge, Salah Abdeslam ne s’est pas présenté au Justitia ce mardi. Mais un certificat médical se fait encore attendre. Bilal El Makhoukhi (photo floutée) a également refusé de quitter sa cellule ce mardi, pour des raisons qui restent troubles. La présidente de la cour a indiqué que la police a demandé à pouvoir établir un procès-verbal de ce refus. Elle a précisé au jury que les accusés doivent normalement se présenter tous les jours au procès.
Si la police a l'autorisation d'utiliser la force - "mais pas la violence", a précisé Laurence Massart - pour forcer des accusés détenus à assister à leur procès, il aurait fallu, dans ce cas-ci, utiliser d'une "force vive", ce que la police voulait éviter. Notamment à la suite de la plainte de l'accusé Ali El Haddad Asufi, qui a affirmé avoir été étranglé par un policier lors de son extraction de la prison de Haren en vue de son transfert au bâtiment Justitia.
"J'ai demandé d'user de psychologie, en expliquant aux accusés qu'il s'agit de leur procès" et qu'il est dès lors dans leur intérêt de se présenter, a expliqué mardi matin la présidente de la cour d'assises. "La psychologie n'a visiblement pas fonctionné", a-t-elle constaté. Elle a demandé à ce qu'un procès-verbal soit dès lors rédigé.
Après avoir donné des explications juridiques aux jurés, Laurence Massart a demandé aux autres accusés détenus - Mohamed Abrini, Osama Krayem, Sofien Ayari, Ali El Haddad Asufi et Hervé Bayingana Muhirwa - s'ils souhaitaient assister aux débats, ce qu'ils ont refusé. Mohamed Abrini a souhaité prendre la parole, ce que ne lui a pas accordé la présidente de la cour, estimant qu'il s'agissait de commentaires par rapport aux explications juridiques qu'elle venait de donner et que ceux-ci n'avaient donc pas leur place.
La présidente de la cour d'assises a finalement suspendu l'audience vers 9h50, Bilal El Makhoukhi n'étant pas représenté par un avocat. Me Nicolas Cohen a en effet souhaité prendre la parole pour expliquer qu'il n'avait pas pu s'entretenir avec l'accusé et qu'il ignorait donc les raisons de son absence, et que ce faisant il refusait de le représenter s'il n'avait pas de mandat de la part de son client.
Mais Laurence Massart l'a directement interrompu, ne le laissant pas aller au terme de son propos, et a demandé la médiation du bâtonnier. Une démarche qui pourrait mener à la désignation d'un autre avocat pour représenter Bilal El Makhoukhi.
Les 31 jurés et suppléants restants étaient tous présents ce mardi au Justitia.

