Les travaux préparatoires à la construction d’un village d’accueil pour des réfugiés ukrainiens ont été lancés ce lundi à Oostakker près de Gand (Flandre orientale), en présence du bourgmestre gantois Mathias De Clercq, du ministre flamand du Logement Matthias Diependaele et du ministre régional des Affaires intérieures Bart Somers. Sur le champ de maïs en jachère (photo), quelque 200 unités de logements devraient être installées d’ici fin 2023. Elles pourront héberger 600 personnes. Les premières devraient pouvoir s’y installer dès le printemps - il s’agira essentiellement de femmes et d’enfants. Le gouvernement flamand débloque 8 millions d’euros pour la construction du village d’urgence.
Gand a entamé la construction d’un village d’urgence pour 600 réfugiés ukrainiens
Gand est la troisième ville de Flandre à construire ce type de village d’accueil pour les réfugiés ukrainiens, après Malines (710 places) et Anvers (1.000 places). Les conteneurs qui abriteront les réfugiés pourront servir plus tard à d’autres fins, comme par exemple héberger des étudiants, qui ne trouvent pas de logements en suffisance à prix abordables. Des négociations sont menées actuellement à ce sujet.
Le village gantois verra le jour pratiquement un an après le début du conflit en Ukraine (qui a commencé en février 2022). "De nombreux Gantois se sont montrés solidaires et ont offert un espace de logement aux réfugiés ukrainiens. Mais cela commence à peser, tant aux familles d’accueil qu’à celles qui sont accueillies. Nous constatons aussi l’arrivée d’une cinquantaine de nouveaux réfugiés tous les mois. Il est donc nécessaire de prévoir du logement d’urgence. Nous avons déjà créé 250 places dans la ville de Gand", indiquait à VRT NWS le bourgmestre gantois Mathias De Clercq. Quelque 1.200 Ukrainiens séjourneraient actuellement déjà à Gand, avant tout chez des proches ou des connaissances.
"Les conteneurs sont de nouveaux exemplaires qui n’ont pas encore été utilisés et que nous gardons comme logement d’urgence. Ils possèdent une salle de bain et une petite cuisine, un confort de base", précisait le ministre du Logement Matthias Diependaele.
Le site à Oostakker sera disponible pendant trois ans pour héberger ce village d’urgence. Il se situe sur la Eikstraat, un peu en-dehors de Gand, proche d’une zone industrielle et de voies très fréquentées. Ce n’est pas vraiment un endroit très inspirant. "La Flandre pose des conditions strictes pour la construction de villages d’urgence", expliquait le bourgmestre De Clercq (photo archives). "Ils doivent être installés sur de grands terrains de 20.000 mètres carrés, permettre un accès aisé aux écoles et transports en commun. C’était le seul terrain adéquat ici à Gand".
Les habitants d’une trentaine de maisons qui se trouvent déjà dans la Eikstraat et dont les jardins donnent sur le champs de maïs se montrent un peu inquiets par l’arrivée d’un village de 600 personnes. "Nous comprenons leur crainte. Il y aura une personne de contact qui sera toujours disponible pour répondre à leurs questions", ajoutait le bourgmestre gantois.
Le gouvernement flamand investit 8 millions d’euros
La construction du village d’urgence sera prise en charge par les autorités flamandes, à hauteur de 8 millions d’euros, mais les réfugiés qui y habiteront devront payer un loyer. "Nous pratiquerons les mêmes prix qu’à Malines et Anvers", indique Matthias Diependaele.
Son gouvernement projette d’étendre encore la capacité d’accueil de réfugiés ukrainiens sur son territoire. Ils sont 30.000 actuellement, "mais si la guerre dure longtemps, ils pourraient être plus nombreux à arriver en Flandre", indique le ministre Bart Somers. "Nous sommes en train de discuter avec la province du Brabant flamand pour y installer également des logements d’urgence".
