L'enquête sur d'éventuels faits de corruption au sein du parlement européen doit constituer un "tournant", ont affirmé lundi matin les eurodéputées belges Hilde Vautmans (Open VLD) et Sara Matthieu (Groen) dans l'émission "De Ochtend" sur la VRT.
Hilde Vautmans et Sara Matthieu : "L'enquête doit constituer un "tournant" pour le parlement européen"
Ces dernières se sont dites "choqués" par les soupçons de corruption apparus ce week-end. "J'espère que les gens réagiront durement. Nous devons aller au fond des choses. Nous devons voir quels députés sont impliqués. Leur immunité doit être levée et des poursuites pénales doivent être engagées", a estimé Hilde Vautmans.
Selon les parlementaires, des contrôles plus stricts devraient également être mis en place. Sara Matthieu plaide ainsi pour la mise en place rapide d'un organe de contrôle parlementaire indépendant pouvant imposer des sanctions et pour des règles de transparence plus strictes pour les rencontres avec les lobbyistes. "Nous devons réformer le système pour qu'une telle chose ne se reproduise plus jamais", a-t-elle estimé. Mais "si quelqu'un veut vraiment être soudoyé, il restera toujours difficile de le savoir", a nuancé Hilde Vautmans.
Le parquet belge mène actuellement l'enquête sur ces soupçons de corruption de la part du Qatar. Le pays aurait tenté d'influencer la prise de décision en versant des sommes importantes ou en offrant des cadeaux substantiels à des tiers occupant une position stratégique au parlement européen. Quatre personnes ont été placées sous mandat d'arrêt pour appartenance à une organisation criminelle, blanchiment d'argent et corruption.
Le Parlement se réunit en session plénière à Strasbourg ce lundi soir. Pour les eurodéputés, il est évident que le vote prévu sur la libéralisation des visas pour le Qatar ne peut avoir lieu. "Nous avons besoin de toute urgence d'éclaircissements sur ce qui s'est passé, quels dossiers ont été touchés et lesquels sont encore menacés. La procédure législative doit être indépendante", a pour sa part tweeté Assita Kanko (N-VA) ce week-end.
En attendant, les dommages en termes d'image sont importants. "Cette affaire menace de saper irrémédiablement l'autorité du parlement européen en tant que défenseur des droits de l'homme et contre la corruption", a encore indiqué Sara Matthieu. "Comment voulez-vous qu'on dise (au Premier ministre hongrois) Viktor Orban la semaine prochaine : 'vous ne recevrez plus d'argent du parlement européen parce que vous ne combattez pas assez la corruption' si nous sommes confrontés à un tel scandale chez nous?", a enfin conclu Hilde Vautmans.
