Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission "De Zevende Dag" (VRT), le Premier ministre Alexander De Croo (photo) a indiqué qu’il ne voyait aucun consensus au sein du gouvernement fédéral pour limiter les allocations de chômage dans le temps, comme l’avait évoqué dimanche dernier le président du CD&V Sammy Mahdi sur le même plateau de télévision. De Croo voit par contre des possibilités au sein du gouvernement flamand.
De Croo : "La Flandre peut prendre elle-même des mesures pour limiter les allocations de chômage"
Le président du CD&V, Sammy Mahdi, s'est déclaré favorable à la suspension des allocations de chômage après 3 ans pour les demandeurs d’emploi "qui disent ne plus vouloir travailler". Les libéraux flamands d’Open VLD souscrivent à cette idée, tout comme les libéraux francophones du MR. Au sein de la coalition fédérale, les socialistes s'y opposent. Mais, selon Alexander De Croo (Open VLD, tant la N-VA que l'Open VLD et à présent le CD&V - soit les trois partis qui composent la coalition régionale au nord du pays - sont favorables à la limitation dans le temps des allocations de chômage.
"Avec la politique du VDAB, on peut déjà prendre des mesures en ce sens", a déclaré le Premier ministre, qui souligne que l'office flamand pour l'emploi suspend un nombre très limité de personnes, seuls quelques cas au premier semestre de cette année.
Dans une réaction, le député fédéral N-VA Björn Anseeuw souligne que le marché du travail a besoin d'être réformé de toute urgence, mais que le gouvernement De Croo ne va pas plus loin que quelques tâtonnements à la marge. "L'accord de gouvernement fédéral stipule que nous devons aller vers un taux d'emploi de 80%. Cependant, il n'a pris aucune mesure pour aller dans cette direction. Et aujourd'hui, le Premier ministre jette simplement l'éponge."
Politique du travail asymétrique ?
Pour les nationalistes flamands, la Flandre est en bonne voie d'atteindre un taux d'emploi de 80%. L'année dernière, par exemple, le VDAB a suspendu pas moins de 1.362 chômeurs. Rien qu'au premier semestre de cette année, il y en avait déjà 792. Le nombre de suspensions en Flandre augmente donc sensiblement d'année en année. Björn Anseeuw plaide pour une politique du marché du travail asymétrique, ce que la ministre flamande CD&V Hilde Crevits a déjà préconisé. "Mais rien ne se fera en raison de l'incapacité du gouvernement De Croo à mettre quoi que ce soit en place. Qu'ils transfèrent complètement la compétence du marché du travail à la Flandre."
Le directeur général du VDAB, Wim Adriaens, a de son côté déclaré que l'office flamand de l'emploi a procédé à près de 12.000 sanctions et avertissements au cours des six premiers mois de 2022. "Par rapport au nombre de demandeurs d'emploi, c'est plus que l'Office national de l’emploi alors qu'il avait le pouvoir de contrôler et de sanctionner les demandeurs d'emploi." Selon Adriaens, "le VDAB est lié par un cadre législatif fédéral strict qui détermine dans quelle mesure un demandeur d'emploi doit chercher activement un emploi et quels emplois il peut refuser."
L'Office national de l’emploi (Onem) a calculé que, au premier trimestre 2022, quelque 5,6 % des chômeurs recevraient une sanction ou un avertissement du VDAB. En Wallonie, cette proportion s'élève à 2,3 %.

