Les deux nouvelles centrales nucléaires que le gouvernement néerlandais veut construire seraient de préférence situées à Borssele, en Zélande, non loin de la frontière belge. Ce site abrite déjà actuellement la seule centrale nucléaire du pays. La ministre flamande de l'énergie Zuhal Demir (N-VA) va entamer des entretiens exploratoires avec son homologue néerlandais Rob Jetten en vue d'une coopération flamando-néerlandaise en vue de la construction de ces deux nouvelles centrales aux Pays-Bas. Elle espère arriver à une situation win-win où les approvisionnements énergétiques flamands pourront être renforcés à long terme.
Pour Zuhal Demir (N-VA) la Flandre a intérêt à collaborer à la construction de deux nouvelles centrales nucléaires aux Pays-Bas
"Si on part du principe que le gouvernement flamand ne s'implique pas dans la production d'énergie nucléaire, rien n'empêche toutefois la Flandre de coopérer avec le gouvernement néerlandais dans le cadre de ses compétences. Ces dernières années, l'Agence flamande de l'énergie et du climat a investi plus de 1,5 milliard d'euros dans les énergies renouvelables, les réseaux de chaleur et les rénovations. Le co-investissement dans l'énergie nucléaire par l'intermédiaire des Pays-Bas est également une possibilité", ajoute-t-il.
"A partir de notre préoccupation concernant l'approvisionnement énergétique de notre pays et de l'observation que le choix possible du gouvernement néerlandais se porte sur un emplacement proche de la frontière avec la Flandre (Borssele, ndlr), nous allons donc entamer des discussions exploratoires avec les Pays-Bas sur une éventuelle coopération et/ou participation au projet nucléaire néerlandais. Si, de cette manière, nous pouvons réussir à obtenir un plan énergétique commun à l'échelle du pays qui renforce l'approvisionnement énergétique de la Flandre pour l'avenir, nous ne devons pas hésiter", a ajouté Zuhal Demir.
La ministre flamande prévoit de discuter de sa proposition autour de la table avec son collègue néerlandais du climat et de l'énergie, Rob Jetten, lors d'une réunion bilatérale et pendant le sommet flamand-néerlandais qui se tiendra fin janvier.
De son côté, le ministre néerlandais a indiqué à l'agence ANP que la collaboration n'était "pas exclue" mais qu'il était encore prématuré d'en parler. Le gouvernement est favorable à deux nouvelles centrales, mais des questions de financement, notamment, sont encore à trancher.
Le plan de Zuhal Demir se heurte à l'opposition de ses partenaires
Le CD&V, partenaire de majorité de la N-VA en Flandre, a critiqué l'initiative de Mme Demir. "Au lieu d'investir notre argent dans des centrales nucléaires néerlandaises de l'ancienne génération, nous devrions au contraire nous concentrer au maximum sur la recherche et le développement de centrales de nouvelle génération, appelées SMR, dans notre propre pays", a ainsi réagi samedi le président des chrétiens-démocrates flamands, Sammy Mahdi.
Même parmi l'autre partenaire de coalition l'Open VLD s'est montré réticent sur les projets de Zuhal Demir. Ainsi, le chef de groupe des libéraux flamands, Willem-Frederik Schiltz, a fait remarquer à la VRT que Zuhal Demir n'était même pas compétente pour prendre cette décision. "La coopération est toujours bonne, mais de préférence avec l'ensemble du pays : la Flandre est compétente pour faire en sorte que nous mettions tous des panneaux solaires sur nos toits. L'Etat fédéral est compétent pour les centrales nucléaires : des négociations sont actuellement en cours pour que les centrales nucléaires existantes puissent fournir de l'électricité dans les années à venir. Et nous investissons également déjà des centaines de millions d'euros dans la recherche de nouvelles centrales nucléaires. Donc la coopération, c'est une bonne idée, mais pas la Flandre seule", a déclaré M. Schiltz.
