Le président du PS Paul Magnette n'a aucune envie de discuter du confédéralisme proposé par le président de la N-VA, Bart De Wever. "Pour nous, le confédéralisme n'a aucun sens. Nous voulons renforcer la sécurité sociale et la solidarité entre tous les Belges", a-t-il déclaré dans "De afspraak op vrijdag". Et si la N-VA s'allie au Vlaams Belang au niveau local ou régional en 2024, "alors je ne leur parlerai plus", ajoute Paul Magnette.
Paul Magnette répond à Bart De Wever : "Le confédéralisme n’est pas négociable"
Le déficit budgétaire belge pour 2023 est estimé à 5,8 % du produit intérieur brut. Cela correspond à un déficit de 33,5 milliards d'euros. Une raison suffisante pour le président de la N-VA, de proposer une nouvelle fois le confédéralisme. Pour De Wever, ce qui doit arriver à la Belgique est donc clair : le maximum de compétences au niveau des États fédérés. Parce que la Flandre ne doit pas payer pour le gaspillage de la Wallonie et de Bruxelles, estime De Wever.
"Le navire coule et nous sommes dedans. Or, on ne peut pas faire réparer ce Titanic au niveau fédéral", a déclaré De Wever, il y a quelques jours, dans "De ochtend" sur Radio 1. "Il faut résoudre les problèmes sociaux, mais on ne peut pas systématiquement vivre au-dessus de nos moyens. Si vous voulez vivre comme un Scandinave, vous allez devoir travailler comme l'un d'entre eux. Si vous voulez travailler comme un Italien du Sud en Belgique francophone, vous devez vivre comme un Italien du Sud. Il faut accepter cette vérité, mais le PS ne veut pas se réformer."
Pas de revirement confédéral
Si cela dépendait de Paul Magnette (PS), président des socialistes francophones, il n'y aura pas de revirement confédéral comme le propose De Wever. "De Wever fait une caricature avec son discours sur l'Italie du Sud et la Scandinavie. À Anvers, le taux d'emploi est aussi élevé qu'à Charleroi", a répondu Paul Magnette. "Pour nous, le confédéralisme n'a aucun sens, nous n'avons pas besoin d'en parler. Pour nous, la sécurité sociale et la solidarité entre tous les Belges doivent être renforcées."
La politique belge est très fragmentée et le centre politique est en train de disparaître peu à peu, "mais la fragmentation n'est pas une raison pour transférer tous les pouvoirs aux Régions". Pourtant, notre pays risque bien de se retrouver dans une impasse après les prochaines élections de 2024, ou du moins si les partis Vlaams Belang et PTB continuent de progresser. Un sondage montre que le Vlaams Belang et la N-VA pourraient bien obtenir ensemble une majorité en 2024.
Est-ce que la Flandre veut être la prochaine Italie ?
Cela ne ferait qu'aggraver l'impasse. "Si la N-VA s'allie au Vlaams Belang au niveau local ou régional, nous ne parlerons plus à la N-VA", a déclaré le président du PS. Paul Magnette espère que Bart De Wever ne le fera pas. "J'espère que cela n'arrivera pas, ce serait un désastre pour la Flandre aussi. La Flandre veut-elle devenir la prochaine Italie, avec un parti néo-fasciste au pouvoir ? La N-VA ne sera plus la bienvenue alors." Ce faisant, Paul Magnette se place sur la même ligne que le président des socialistes flamands Conner Rousseau (Vooruit), qui avait indiqué précédemment qu'il ferait sauter toutes les coalitions avec la N-VA lorsque celle-ci chercherait à se rapprocher du Vlaams Belang.
Il semble donc que la N-VA et le PS s'éloignent à nouveau. Lors des négociations gouvernementales après les élections de 2019, les deux partis étaient encore assis autour de la table pour conclure "un grand accord historique", dessinant un plan pour l'avenir de la Belgique. Mais aujourd’hui Paul Magnette dément. "Il n'y a pas eu d'accord historique du tout. Il était intéressant pour moi d'aller ensuite voir les autres partis et de leur dire ce que la N-VA était prête à faire." Ce faisant, Magnette admet que les négociations avec la N-VA étaient principalement de nature stratégique.
