L'accusé Ali El Haddad Asufi, par la voix de son avocat Jonathan De Taye, a dénoncé jeudi, en début d'audience, avoir été violenté par la police lors de son extraction de la prison de Haren. Il affirme avoir été étranglé violemment et avoir ensuite perdu connaissance.
L’audience suspendue au procès des attentats de Bruxelles : Ali El Haddad Asufi dénonce avoir été étranglé par la police
"L'heure est grave!", a débuté l'avocat. "J'hallucine totalement! Je n'ai jamais assisté à un procès qui se déroule dans ces conditions!", a-t-il dénoncé, évoquant un traitement "digne d'un Etat totalitaire" à l'encontre de son client. Il a ainsi fait le parallèle avec la prison irakienne d'Abou Ghraib, où des Américains ont torturé de nombreux prisonniers en 2003 et 2004.
Me De Taye a dès lors demandé à la présidente de suspendre l'audience afin que son client, qui était affalé sur la tablette devant lui depuis son arrivée dans le box, puisse être examiné par un médecin légiste.
"Il est hors de question que je représente un homme qui n'est pas en état de suivre son procès, car il a été violenté pour avoir osé prendre la parole!", a encore lancé l'avocat. La veille, Ali El Haddad Asufi avait en effet déjà dénoncé une nouvelle fois les conditions de détention et de transfert des accusés. Avec quatre autres, il avait d'ailleurs décidé de quitter la salle d'audience en guise de protestation.
Après avoir demandé à l'accusé s'il était en état physique de comparaître et que ce dernier lui eut répondu par la négative, expliquant avoir encore des vertiges, Laurence Massart a décidé de suspendre l'audience, le temps qu'Ali El Haddad Asufi puisse effectivement être examiné par un médecin légiste.
