C’est ce matin à 9 heures que la cour d'assises de Bruxelles va se lancer dans le long procès des deux attentats commis à Bruxelles et à Zaventem. Des explosions avaient fait 32 morts et des centaines de blessés, le 22 mars 2016, dans la station de métro Maelbeek et à l'aéroport de Zaventem. Neuf accusés comparaîtront. L'un d'eux doit répondre de participation aux activités d'un groupe terroriste, les autres sont également poursuivis pour assassinats et tentatives d'assassinat dans un contexte terroriste. Un dixième accusé est quant à lui présumé mort.
Mercredi, 36 jurés (12 effectifs et 24 suppléants) ont été retenus. Ce lundi, après un "faux départ" en octobre en raison de l'inadéquation du box des accusés, la cour d'assises s'élancera donc dans le plus long marathon de son histoire, annoncé pour six à neuf mois d'audience.
Dans la matinée, la présidente de la cour commencera par identifier chaque partie et donnera quelques explications au sujet de l'organisation des audiences et des règles propres au bon déroulement de celles-ci.
Dès mardi, la parole sera donnée aux deux procureurs fédéraux du ministère public pour la lecture, qui devrait prendre trois jours, des 500 pages d'acte d'accusation.
La semaine prochaine sera consacrée à la lecture d'éventuels actes de défense. L'interrogatoire des accusés ne devrait commencer, lui, que dans deux semaines.
Dix hommes sont accusés (voir photo). Oussama Atar, qui serait mort en Syrie, fait défaut. Huit autres - Mohamed Abrini, Osama Krayem, Salah Abdeslam, Sofien Ayari, Bilal El Makhoukhi, Hervé Bayingana Muhirwa, Ali El Haddad Asufi, Smail Farisi - sont accusés de participation aux activités d'un groupe terroriste, d'assassinats terroristes sur 32 personnes et de tentatives d'assassinat terroriste sur 695 personnes. Le neuvième, Ibrahim Farisi, ne doit répondre que de participation aux activités d'un groupe terroriste.
L'ouverture du procès ravive les angoisses mais est "un cap à passer" pour des survivants
De nombreuses parties civiles ont fait le déplacement lundi pour le premier jour d'audience du procès des attentats de Bruxelles, malgré le fait qu'elles n'auront pas la parole avant plusieurs semaines.
Survivants, proches de victime, toutes n'attendent pas la même chose de ce procès d'assises qui s'annonce hors normes. Certaines n'attendent d'ailleurs rien de plus que de représenter leur proche, victime à Maelbeek ou Zaventem.
C'est le cas de Sarah Esmael Fazal dont la sœur, Sabrina, est décédée dans la station de métro bruxelloise. "C'est important pour moi d'être là, pour représenter ma sœur. (...) Je suis là pour elle aujourd'hui", a-t-elle déclaré à son arrivée au Justitia lundi matin. "Je ne pense pas qu'ils m'apporteront des réponses (...) Je n'ai pas de haine envers eux, aucune haine. Je leur ai pardonné, je suis bien avec moi-même."
Christelle Giovannetti, survivante de l'attentat de Maelbeek, vit, elle, ce premier jour avec plus d'appréhension. "J'ai déjà vu les accusés (lors de l'audience préliminaire, NDLR), c'est un stress en moins, mais malgré tout, c'est aujourd'hui que ça commence vraiment (...) c'est beaucoup d'émotions, beaucoup de choses qui reviennent, des cauchemars,...", a-t-elle expliqué.
Des sensations partagées par Sylvie Ingels, qui a, elle, échappé au pire à Brussels Airport. "Ces derniers jours ont été très durs, je n'ai pas arrêté de cauchemarder, de me sentir très angoissée", relate-t-elle. "Si je suis venue aujourd'hui, c'est pour justement pour passer ce pas, essayer d'aller au-delà de mes craintes (...) Ce procès, il va nous poursuivre pendant 6 à 9 mois, il fallait passer le cap."

