La police a procédé à une dizaine d'arrestations administratives et à une arrestation judiciaire, à la suite des émeutes qui ont ébranlé le centre-ville de Bruxelles dimanche en fin d'après-midi, selon la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. Des dégâts ont été causés et des personnes ont été blessées, notamment boulevard Lemonnier, par des supporters de football, à la suite du match qui a opposé la Belgique au Maroc, dimanche, dans le cadre de la Coupe du monde de football au Qatar. Une dizaine de personnes ont également interpellées lors d’échauffourées à Anvers.
Une dizaine d'arrestations administratives à Bruxelles après les émeutes qui ont suivi le match Belgique-Maroc
La personne arrêtée judiciairement a été mise ce lundi à la disposition du parquet de Bruxelles. L'enquête est toujours en cours pour identifier d'autres suspects, notamment l'analyse des images de caméras de vidéo-surveillance. Par ailleurs, la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles prévoit une surveillance accrue à certains endroits de la capitale jeudi, lors du prochain match du Maroc.
Dimanche vers 19h00, le calme était en tout cas revenu dans le centre-ville de la capitale, mais aussi dans le quartier des Étangs Noirs à Molenbeek-Saint-Jean, place du Pavillon à Schaerbeek et place Barra à Anderlecht, où des débordements ont également eu lieu, a ajouté la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles.
"Des patrouilles préventives restent en place dans les secteurs concernés. La circulation sur le boulevard du Midi et dans le tunnel Porte de Hal a également été rouverte", a précisé la porte-parole de cette zone de police, Ilse Van de Keere.
"Grâce à l'unité de commandement et à la bonne collaboration avec les différentes zones de police bruxelloises et la police fédérale, nous avons pu limiter le secteur où nous avons dû intervenir", a ajouté la porte-parole.
Des blessés et beaucoup de dégâts
Dimanche vers 15h00, des dizaines de personnes, dont certaines étaient encagoulées, ont cherché la confrontation avec les forces de l'ordre, dans le centre-ville de Bruxelles, où de nombreux supporters de football étaient présents après le match de football Belgique-Maroc. L'équipe nationale marocaine a remporté la rencontre, qui avait lieu dans le cadre de la coupe du monde de football au Qatar.
Des feux d'artifice ont été tirés, des projectiles ont été lancés, des objets, notamment un conteneur à l'intersection du Boulevard Lemonnier et de la rue de Woeringen, ont été incendiés, et du mobilier urbain et des véhicules ont été dégradés. Par ailleurs, une journaliste de la RTBF a été blessée au visage par des feux d'artifice. La chaîne publique a annoncé, dimanche soir, qu'elle déposera plainte.
Également, un véhicule des pompiers de Bruxelles a été endommagé. "Une de nos ambulances a été caillassée à hauteur du boulevard Lemonnier", a expliqué dimanche soir Walter Derieuw, porte-parole des pompiers de Bruxelles. "Il y a des dégâts à la carrosserie, aux rétroviseurs et aux phares. Heureusement, l'équipage est indemne et il a pu bénéficier, sur place, de l'appui des forces de l'ordre", a-t-il poursuivi. "Nous trouvons incompréhensible et kafkaïen que les services de secours doivent s'appuyer sur la police pour travailler en toute sérénité et en sécurité".
À la suite de ces constatations, la police a donc décidé d'intervenir en utilisant des arroseuses et du gaz lacrymogène. Une dizaine de personnes ont fait l'objet d'une arrestation administrative et une a fait l'objet d'une arrestation judiciaire. La police a également décidé de fermer la circulation dans les deux sens durant son intervention boulevard du Midi. Elle a aussi ordonné la suspension momentanée du trafic de plusieurs lignes de trams entre les arrêts Masui et Bienfaiteurs.
Echauffourées à Anvers aussi
Une dizaine de personnes ont également été arrêtées administrativement pour trouble de l'ordre public à Anvers. Elles ont été autorisées à rentrer chez elles plus tard dans la soirée lorsque le calme était revenu. Des suites judiciaires pourraient toutefois encore être données à leur interpellation.
Les émeutes se sont produites dans le quartier du Kiel (sud) et à Borgerhout (est). Les forces de l'ordre ont même dû un temps fermer la Turnhoutsebaan au trafic afin d'apaiser les esprits.





