Plusieurs victimes des attentats à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles du 22 mars 2016 ont reçu, par erreur, une convocation comme candidat pour intégrer le jury du procès sur les attaques terroristes qui se tiendra à Bruxelles dès le 5 décembre. C’est ce qu’a reconnu le porte-parole de la cour d'appel de Bruxelles dans le cadre de ce procès, Luc Hennart, indiquent les quotidiens flamands Het Laatste Nieuws et Het Nieuwsblad.
Procès des attentats de 2016 : des victimes convoquées par erreur comme candidats-jurés
La faute reviendrait à l'un des nombreux huissiers engagés par la Justice pour gérer l'organisation du procès. Ces derniers sont chargés de convoquer un millier de candidats-jurés, mais aussi près d'un millier de parties civiles. La première page des documents destinés aux jurés s'est accidentellement retrouvée mêlée aux documents destinés à plusieurs victimes.
L'erreur reste toutefois limitée, selon Luc Hennart. Environ cinq personnes auraient pris contact avec le greffe pour signaler l'erreur. "On a pu les rassurer. Une partie civile ne peut pas devenir juré", a souligné le porte-parole et ancien magistrat.
Le procès débute le 30 novembre : tirage au sort des jurés
Le procès des attentats à Bruxelles débutera mercredi, devant la cour d'assises de Bruxelles, justement avec le tirage au sort des jurés. Douze jurés ainsi que 24 remplaçants devront être désignés. Au total, 1.000 candidats potentiels ont été convoqués et plus de 300 d'entre eux ont déjà été exemptés.
La cour pourrait dispenser d'autres candidats jurés encore à l'audience mercredi. C'est la présidente qui octroiera ou non cette faveur, après avoir entendu les arguments de chaque personne qui sollicite d'être exempté de ce devoir citoyen. Une fois la question des dispenses réglée, ce qui pourrait prendre un certain temps, la cour procédera au tirage au sort en lui-même. L'ensemble de la défense et le ministère public, qui disposent des noms, prénoms et professions des candidats jurés, auront droit à 18 récusations chacun. La cour peut aussi récuser des candidats si la parité hommes et femmes n'est pas atteinte. Dès que le jury sera formé, les jurés prêteront serment.
Les débats commenceront ensuite le lundi 5 décembre à 9h. A l’origine, le procès devait débuter en octobre, mais la procédure a été reportée en raison de l'inadéquation des box des accusés. Ceux-ci ont entretemps été détruits et remplacés par un grand box unique (photo) sécurisé qui permet aux prévenus de mieux communiquer avec leurs avocats et mieux se faire entendre.
Sept accusés y prendront place et y seront entourés de deux ou trois policiers chacun. Les deux derniers, Smail Farisi et Ibrahim Farisi, qui comparaissent libres, seront placés devant le box. Dans ce procès hors normes, annoncé pour six à neuf mois d'audiences, dix hommes sont accusés, dont Oussama Atar qui fait défaut. Il serait mort en Syrie. Les neuf autres sont Mohamed Abrini, Osama Krayem, Salah Abdeslam, Sofien Ayari, Bilal El Makhoukhi, Hervé Bayingana Muhirwa, Ali El Haddad Asufi, Smail Farisi et Ibrahim Farisi.
Les huit premiers sont accusés de participation aux activités d'un groupe terroriste, d'assassinats terroristes sur 32 personnes et de tentatives d'assassinat terroriste sur 695 personnes. Le neuvième ne doit répondre que de participation aux activités d'un groupe terroriste.
Le 22 mars 2016, deux explosions ont retenti à l'aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. La première s'est produite à 7h58 dans l'ancien hall des départs du terminal "low cost". La seconde a eu lieu quelques instants plus tard, à 8h09, dans le hall des départs du nouveau bâtiment de l'aéroport. Un peu plus d'une heure plus tard, à 9h11, une troisième explosion s'est produite, cette fois à Bruxelles dans la station de métro Maelbeek. Ces attaques terroristes ont fait 32 morts et des centaines de blessés.

