Répondant à une question de la députée Maaike De Vreese (N-VA), le ministre flamand des Affaires intérieures Bart Somers (photo) a déclaré ce mardi au Parlement régional que la Flandre approchait de ses limites en matière d'accueil des réfugiés ukrainiens. La Région accueille actuellement 60% des Ukrainiens réfugiés en Belgique et souhaite continuer à le faire. Mais il s'agit de compter sur les villes et communes qui ont fait peu d'efforts jusqu'à présent, ainsi que sur les hébergements touristiques.
Bart Somers : "La Flandre approche de ses limites dans l'accueil des réfugiés ukrainiens"
"Nous le faisons en ce moment. Le sud du pays doit également le faire", a déclaré Bart Somers au Parlement flamand. Sur les quelque 50.000 Ukrainiens inscrits au registre national, 29.705 le sont en Région flamande, soit près des 60% convenus avec les autres entités. La Région bruxelloise en accueille 19%, soit bien plus que les 10% convenus, tandis que la Wallonie en accueille 21%, donc moins des 30% convenus.
"Nous ferons ce que nous avons promis. Ensuite, nous pouvons également demander aux autres Régions de faire de même. Bruxelles ne peut pas être blâmée, elle fait plus que sa part. Mais le problème se trouve au sud du pays", a estimé le ministre Somers. La députée N-VA Maaike De Vreese a soutenu le ministre dans sa critique. "La Flandre fait sa part. Il est logique qu'on attende la même chose des autres Régions. Il est honteux que des familles avec enfants doivent dormir dans la rue à Bruxelles. Cela ne se justifie pas."
Bart Somers a aussi réclamé un effort du niveau fédéral. A ses yeux, c'est une bonne chose que les renvois vers les Régions se fassent à nouveau à partir du centre de transit Ariane situé à Woluwe-Saint-Lambert. "Mais cela ne se fait que pour les personnes déplacées vulnérables. Nous demandons à Fedasil de remettre un lieu central de répartition, et pas seulement pour les plus vulnérables." Selon Bart Somers, la Flandre veut faire sa part. "Mais nous sommes à la limite. "Il reste actuellement 667 places disponibles."
D'après le haut fonctionnaire Jeroen Windey, des communes ne sont pas toujours disposées à renoncer à ces places, car elles souhaitent garder un tampon, par exemple lorsque des particuliers n'ont plus envie d'héberger d'Ukrainiens. Le ministre Somers dit comprendre ces communes, mais veut voir comment la Flandre peut continuer à tenir son engagement de 60 % d'accueil. L'une des pistes est de "mobiliser" les communes qui ont jusqu'ici fait peu d'efforts. "Nous n'allons pas les obliger, mais nous allons les contacter de manière persistante", a indiqué Bart Somers. Une autre piste est de mobiliser l'hébergement touristique. "L'objectif était d'y trouver 3.000 places, mais il n'y en a que quelques dizaines pour l'instant."
Centre d’accueil : Jabbeke invoque un risque de pollution aux PFAS
Le bourgmestre de la commune de Jabbeke (Flandre occidentale) invoque un risque de pollution aux substances chimiques PFAS pour empêcher l'accueil d'urgence de demandeurs d'asile dans d'anciens bâtiments de la protection civile (photo). "Je ne veux pas avoir à me reprocher que des enfants, en jouant, entrent en contact avec des PFAS", ces substances chimiques potentiellement néfastes pour la santé humaine, utilisées notamment dans les mousses de lutte contre les incendies, a déclaré Frank Casteleyn (CD&V) au quotidien Het Laatste Nieuws.
Il invoque un article du décret sur les communes qui permet au bourgmestre de prendre des mesures en cas de grave danger. "Ce site de la Stationsstraat est l'un des nombreux qui doivent être examinés pour vérifier s'ils recèlent des PFAS. La protection civile et les pompiers y ont réalisé des entraînements avec de la mousse", expose le mayeur.
Frank Casteleyn s'oppose depuis des semaines au plan du gouvernement fédéral qui prévoit l'accueil d'urgence de 200 demandeurs d'asile sur un site de la Régie des bâtiments à Jabbeke. Il dit avoir averti très rapidement le gouvernement fédéral du risque de pollution du site.
De son côté, la Secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Nicole de Moor évoque un avis positif rendu par l'Agence flamande de la Santé. "Le Centre de crise et la protection civile élaborent un plan opérationnel qui doit clarifier les mesures de prudence à prendre." Elle souligne que les demandeurs d’asile ne resteront que brièvement dans ce centre avant de se voir proposer d’autres lieux d’accueil.
