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Comment expliquer qu’il y ait plus d’embouteillages qu’avant l’épidémie de corona, malgré le télétravail ?

Le mois d’octobre 2022 aura été l’un des plus encombrés de files sur les routes de Flandre depuis le début des mesures effectuées par le Centre flamand de la circulation routière, en 2011. Et pourtant, le télétravail est encore nettement plus répandu qu’il ne l’avait été avant l’épidémie de coronavirus. Comment expliquer alors que les files soient plus longues sur nos routes actuellement qu’elles ne l’étaient en moyenne en 2019 ? Hajo Beeckman, journaliste de VRT NWS spécialisé dans la circulation routière, s’est penché sur les chiffres du Centre flamand et a cherché une explication.

Anne François
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La sévérité des embouteillages est calculée en multipliant la longueur des files sur les routes par leur durée (le temps qu’elles mettent à se résorber). En octobre dernier, cette sévérité était à son comble pour un jour ouvrable moyen sur l’ensemble du réseau de routes principales flamandes. Seul en octobre 2021 la situation a été encore pire, alors qu’il s’agissait de la période entre la 4e et la 5e vague de coronavirus. Le mois d’octobre 2019 - avant l’épidémie - a connu des bouchons moins sévères. Et comparé à la situation en octobre 2011, la sévérité des embouteillages a augmenté d’environ 50% en 2022.

On peut donc penser que le problème des embouteillages sur nos routes a encore augmenté après l’épidémie de coronavirus. Malgré les prix élevés d’énergie et une persistance du télétravail. Les études révèlent en effet que 57% des fonctionnaires et employés belges travaillent encore au moins occasionnellement jusqu’à entièrement à la maison. La moitié d’entre eux, soit 28%, travaillent depuis leur domicile de deux à trois jours par semaine, indiquait récemment le professeur Anja Van den Broek (KU Leuven) dans le journal De Morgen. Alors pourquoi les embouteillages ne diminuent-ils pas ? Parce que le trafic routier entre le domicile et le lieu de travail ne représente qu’un tiers de tous les déplacements sur les routes. L’impact du télétravail est donc assez limité.

Les deux autres tiers proviennent du trafic lié aux services et de celui lié aux temps libres (une visite chez le médecin, une course au supermarché ou un déplacement vers un lieu d’excursion). Nous utilisons encore beaucoup la voiture pour aller faire des courses, par exemple.

En avril 2020, nous parcourrions sur les voies principales de Flandre - tous véhicules motorisés confondus - pas moins de 32 millions de kilomètres. En octobre 2022, nous en faisions déjà 65 millions. Et en octobre 2019 même 67 millions de kilomètres parcourus.

Les camions encombrent nos routes

Le reste de l’explosion du trafic routier provient des camions, qui prennent en moyenne deux fois et demie plus de place que les voitures. Ils sont plus nombreux sur nos routes actuellement qu’avant l’épidémie de Covid. Le commerce en ligne a en effet pris beaucoup d’ampleur pendant le confinement et cette habitude s’est incrustée.

L’e-commerce génère aussi une logistique globale plus intense étant donné que de nombreux produits achetés en ligne viennent d’autres continents. Ils arrivent dans nos ports et aéroports et sont redistribués en grande partie via des poids lourds. En 2021, l’importation de puces électroniques pour les voitures a de surcroit rattrapé un retard pris pendant la pandémie.

En octobre dernier, les camions ont effectué sur nos routes principales pas moins de 12,3 millions de kilomètres par jour ouvrable moyen. Ces chiffres confirment les pronostics du Bureau fédéral du Plan concernant la mobilité sur nos routes d’ici 2040 : le trafic de passagers devrait augmenter de 8% seulement, alors que le transport de marchandises devrait gonfler de plus de 20% au cours des 18 ans à venir. Si les marchandises ne sont pas transportées davantage via les voies fluviales et le rail d’ici là, la vitesse moyenne sur nos autoroutes baissera de 10 à 15% d’ici 2040 en raison de la multiplication des embouteillages, a calculé le Bureau du Plan.

Pour expliquer la sévérité des embouteillages en octobre dernier, Hajo Beeckman (VRT NWS) pointe aussi encore de nombreux travaux sur les routes, à commencer par les réparations d’urgence au viaduc de Merksem (photo), qui a plusieurs reprises ont totalement bloqué la circulation autour d’Anvers.

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