C’est ce vendredi matin à Waremme, en province de Liège, qu’avaient lieu les funérailles de Thomas Montjoie, l’agent de police de 29 ans poignardé jeudi dernier dans la commune bruxelloise de Schaerbeek alors qu’il était en service avec un collègue. Son agresseur - connu des services de l’ordre et fiché par l’OCAM comme radicalisé potentiellement violent - a été arrêté. Le policier liégeois n’a pas survécu. A l’ouverture de la cérémonie, des policiers de toute la Belgique ont observé une minute de silence accompagnée de sirènes, en hommage au jeune agent très apprécié de ses collègues. Les commissariats arboraient des drapeaux en berne. Après la cérémonie au funérarium de Waremme, relayée sur écran géant, 2.000 policiers ont formé une haie d’honneur d’un kilomètre environ (photo), alors que le cortège funèbre prenait la route du cimetière de Limont.
Une haie d’honneur sans fin, 2.000 collègues et une minute de silence nationale aux funérailles de l’agent poignardé
La cérémonie au funérarium avait été réservée aux proches et amis de l’agent décédé, mais elle pouvait être suivie à l’extérieur sur grand écran. Quelque 2.000 agents de police se sont finalement retrouvés sur place.
Vers 13h, le cortège funéraire a pris la route vers Limont, dans l'entité liégeoise de Donceel, où le policier défunt devait être inhumé dans la plus stricte intimité familiale. Le déplacement s'effectuait sous escorte policière, traversant une haie d'honneur constituée de plus de deux mille agents répartis sur plus d'un kilomètre, au départ du parcours.
Témoignages poignants
En début de cérémonie, le père de Thomas Monjoie a livré un témoignage poignant. "Papa et maman sont là, n'aie pas peur!", t'avons-nous souvent répété. Depuis ce jeudi 10 novembre, c'est maman et papa qui ont peur. Peur de la vie sans toi". La compagne et le beau-père du policier lui ont à leur tour rendu hommage. "Ma vie a perdu sa saveur", a notamment déclaré Elodie, après avoir rappelé de nombreux moments de bonheur de leur vie commune. "Merci d'avoir été toi, tu resteras toujours avec nous", a ensuite conclu le père de la compagne du défunt.
Les amis de Thomas Monjoie se sont rappelés d'innombrables bons moments communs. "Il faisait toujours l'unanimité, il n'avait aucun ennemi. La vie est injuste. Notre tristesse se transforme en souvenirs de joie. Adieu Thomas", a notamment exprimé l'une de ses amies de Waremme. "Monjoie, que je vive à travers ta famille et tes amis", a conclu un autre camarade du policier. Les différents témoignages étaient entrecoupés de chansons qu'affectionnait le jeune défunt.
Avant le début de la cérémonie, le bourgmestre de Waremme s'était également rappelé de Thomas Monjoie lorsque le jeune policier avait effectué ses stages dans la zone de Hesbaye. "Lorsque Thomas est venu dans notre zone en 2018, je l'ai accueilli. Le chef de zone me l'a présenté puis je l'ai revu à plusieurs reprises. Il nous a laissé à tous une fort bonne impression", expliquait Jacques Chabot. Concernant les événements, le bourgmestre se dit atterré. "C'est affreux. Il faut certes laisser faire le temps et la justice. Je respecte le vœu des parents de Thomas lorsqu'ils disent qu'il ne faut pas attiser la haine. Il n'empêche qu'il persiste une source d'incompréhensions et que des mécanismes n'ont manifestement pas fonctionné", a encore relevé le maïeur.




