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Missile tombé en Pologne: le Premier ministre De Croo appelle à la retenue

Invité ce mercredi matin de l’émission "De ochtend" (Radio 1) à la VRT, le Premier ministre Alexander De Croo (photo) a lancé un appel à la retenue au lendemain d'un tir de missile meurtrier sur un village en Pologne situé à la frontière avec l’Ukraine. "Tout d'abord, il convient de procéder à une analyse approfondie de ce qui s'est exactement passé, après quoi nous pourrons voir quelle pourrait être la réponse appropriée", estimait De Croo. Mais le Premier ministre belge condamnait aussi les attaques russes de mardi sur de grands territoires d’Ukraine. "Tout ce qui s’est passé hier est lié à l’agression russe".

Anne François Belga
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Le président américain Joe Biden a fait état, mardi soir, d'indications selon lesquelles l'engin qui a frappé un village de l'est de la Pologne était un missile anti-aérien provenant d'Ukraine. Selon les informations préliminaires, il a jugé "improbable" que le missile ait été lancé depuis le territoire russe. Alexander De Croo a souligné qu'une analyse détaillée était d'abord nécessaire. Il a toutefois noté qu'une quantité massive de missiles russes ont été tirés sur la quasi-totalité du territoire ukrainien ces derniers jours, entraînant de nombreux tirs anti-aériens.

"Cette combinaison pourrait bien avoir provoqué une explosion", a déclaré le Premier ministre au micro de Radio 1. "Il n'y aurait pas de tirs anti-aériens sans les attaques russes", a ajouté Alexander De Croo. La réunion des ambassadeurs de l'OTAN, qui se tiendra plus tard dans la journée, devrait avoir pour but principal de partager des informations. Sur cette base, il est possible d'écouter toutes les demandes de la Pologne. Il pourrait s'agir, par exemple, de mesures visant à prévenir de tels incidents, a encore estimé De Croo, mais il est actuellement trop tôt pour y donner suite.

Le Premier ministre a précisé qu'il avait également été en contact avec la Défense au cours des dernières heures pour voir si quelque chose de spécifique était nécessaire pour la Belgique, mais il est apparu que ce n'était pas le cas. Selon la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, les frappes de missiles relatées mardi soir en Pologne font l'objet d'une enquête approfondie de la part des services de renseignement, en contact direct avec les services partenaires de l'OTAN.

Dedonder : "Rien n’indique une attaque délibérée"

Dans un communiqué, la ministre a elle aussi affirmé que sur base des informations disponibles, les frappes seraient le résultat de systèmes ukrainiens de défense anti-aérienne, utilisés pour contrer des missiles russes. Lors des attaques russes de mardi - le chiffre d'une centaine devra être confirmé après analyse, a souligné Ludivine Dedonder (photo) - des explosions ont aussi été observées en Pologne, dans la zone frontalière avec l'Ukraine. "À ce stade et sur base des informations disponibles, il s'agirait de débris de missiles russes et de missiles ukrainiens de défense anti-aérienne qui ont touché le sol polonais", a ajouté la ministre, confirmant que, sur base des informations disponibles actuellement, "rien n'indique néanmoins qu'il s'agisse d'une attaque délibérée sur un ou des objectifs polonais".

"En ce qui concerne les réactions possibles de l'OTAN concernant cet incident, je rappelle que des procédures de consultation et d'aide mutuelle existent au sein de l'Alliance, et qu'il incombe en première instance au pays affecté par une menace de choisir la suite à donner. Sur base du Traité de l'OTAN, un pays peut par exemple invoquer l'Article 4, s'il estime que 'son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité sont menacées'. Si la Pologne invoque l'article 4, une concertation entre les Alliés de l'OTAN prendra place immédiatement. Des réunions sont encore prévues aujourd'hui entre pays alliés", a encore précisé la ministre de la Défense.

"La situation est bien entendu suivie de près... Dans ces circonstances, il est important de rester calme dans notre expression. La Belgique continuera à soutenir l'Ukraine, son armée et sa population. Dans le même temps, nous continuons à appeler à la désescalade et à la cessation immédiate de l'invasion russe", a conclu Ludivine Dedonder.

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