En marge de la Conférence sur les changements climatiques, qui se tient actuellement à Charm el-Cheikh en Egypte, la Belgique a lancé avec le pays-hôte, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) et l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (Unido) un Forum mondial pour l'hydrogène vert. C’est ce qu’a confirmé ce mardi la ministre fédérale à l'Energie, Tine Van der Straeten, depuis Charm el-Cheikh. Notre pays veut ainsi de positionner comme porte d'entrée en Europe pour l'hydrogène vert, tout en s'assurant du respect des droits de l'homme et de standards internationaux.
COP 27 : la Belgique veut devenir une porte européenne à l’importation d'hydrogène vert
Le gouvernement fédéral a fait de l'hydrogène vert - produit à partir d'énergies renouvelables - l'un des piliers de sa politique énergétique. Son ambition est de faire de la Belgique un hub important sur le Vieux-Continent dans ce domaine. D’où la création du "Global Green Hydrogen Forum". Ce forum doit notamment veiller à ce que les mêmes standards internationaux soient utilisés et à éviter le "greenwashing" ou "écoblanchiment", un procédé utilisé par des organisations ou entreprises pour se donner une image trompeuse de responsabilité écologique.
La plateforme a été conçue pour faciliter le déploiement à grande échelle de l'hydrogène renouvelable, afin de favoriser la décarbonation des industries locales, d'accélérer "la transition juste" et de libérer le potentiel environnemental et socio-économique de l'économie mondiale de l'hydrogène. Elle doit en outre identifier les meilleurs instruments permettant le commerce transfrontalier de l'hydrogène renouvelable.
D’après la ministre à l’Energie Tine Van der Straeten (photo), ce forum mondial sur l'hydrogène renouvelable peut fonctionner au bénéfice tant des pays développés que des pays en voie de développement et de leurs populations locales.
La Belgique, en tant que pays importateur, met l'accent sur le respect des droits de l'homme, des droits des femmes, sur l'accès à l'eau et à l'énergie, ainsi que sur un travail décent et des salaires corrects. Transition verte et progrès sociaux peuvent ainsi avancer de concert. "Les droits climatiques n'existent pas sans droits sociaux", estime la ministre écologiste.
Déclaration intergouvernementale en faveur des jeunes et du climat
Quant à la ministre fédérale du Climat, Zakia Khattabi (photo archives), elle a annoncé que la Belgique rejoint 34 pays signataires de la Déclaration intergouvernementale sur les enfants, les jeunes et l'action climatique. Présente à Charm el-Cheikh pour la COP27, où elle a notamment rencontré le Forum des Jeunes et le Conseil flamand de la jeunesse, la ministre estime que l'adhésion de la Belgique à cette déclaration "sonnait comme une évidence".
"Vagues de canicules, sécheresses, pollution de l'air, inondations. Si les enfants d'aujourd'hui et de demain ne sont en rien responsables du dérèglement climatique, ils sont pourtant ceux qui en paient le plus les conséquences", rappelle Khattabi (Ecolo). En outre, par ses mobilisations partout dans le monde, la jeunesse représente une "force motrice majeure" contre le dérèglement climatique.
Initiée en 2019 lors de la COP25 à Madrid, la Déclaration intergouvernementale sur les enfants, les jeunes et l'action climatique est un texte écrit par des jeunes pour des jeunes, rappelle la ministre belge. Il reconnait l'importante vulnérabilité de la jeunesse face aux effets du dérèglement climatique, sa capacité à agir en faveur du climat, et vise également à remédier à l'omission généralisée de l'enfant au sein des politiques, stratégies et plans climatiques.
"La signature de la Belgique est un signal important en cette seconde partie de COP. De longues négociations suivront sans aucun doute cette semaine, mais il est bon de savoir que la Belgique sera également guidée par les priorités identifiées par un groupe mondial d'enfants et de jeunes", se félicite pour sa part Kobe Hautekiet, expert climat et droits de l'enfant chez Unicef Belgique.


