Deux agents de police ont été victimes d’une attaque à l’arme blanche, jeudi peu après 19h, dans la commune bruxelloise de Schaerbeek. D’autres policiers arrivés en renfort ont pu maitriser l’assaillant. Les deux agents et l’auteur, blessés, ont été emmenés à l’hôpital. L’une des victimes, âgée de 29 ans et touchée au cou, est décédée de ses blessures dans la soirée. L’enquête a été reprise par le parquet fédéral, l’acte commis étant éventuellement de nature terroriste. Selon certains médias, l’auteur des faits aurait crié "Allahu Akbar", mais le parquet n’a pas confirmé. Le parquet de Bruxelles a par contre indiqué que l’auteur s’était présenté jeudi matin à un commissariat d'Evere en expliquant son intention de commettre un attentat contre des policiers et en demandant une prise en charge psychologique.
Décès d’un policier poignardé à Schaerbeek, l’auteur des faits avait demandé une aide psychologique
Une patrouille de la zone de police Bruxelles-Nord a été attaquée par un individu armé d'un couteau, jeudi soir vers 19h15, rue d'Aerschot à Schaerbeek, non loin de la gare du Nord. D'autres policiers sont venus en renfort et ont tiré sur l'assaillant au niveau des jambes et de l’abdomen afin de le maîtriser. Les deux inspecteurs et l'auteur, blessés, ont été emmenés à l'hôpital. L'un des policiers, qui avait été touché au cou, est décédé dans la soirée des suites de ses blessures.
"Un périmètre de sécurité a été établi et plusieurs devoirs d'enquête ont été ordonnés pour déterminer exactement ce qui s'est passé", a déclaré Sarah Durant, porte-parole du parquet de Bruxelles. Deux équipes SMUR et trois ambulances des pompiers de Bruxelles se sont rendues sur place. Quant au motif de l'auteur, il n'est pas encore déterminé pour l'instant. Selon divers médias, l'homme aurait crié "Allah Akbar", mais cette information n'est pas confirmée pour le moment.
Néanmoins, étant donné qu'il pourrait s'agit d'une agression commise dans un contexte terroriste, l'enquête a été reprise par le parquet fédéral. Le niveau de menace pour la Belgique ne sera cependant pas relevé et reste donc à 2, a confirmé l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM) jeudi soir. Le niveau 2 - sur une échelle allant jusqu'à 4 - indique une menace moyenne.
L’auteur s’était présenté au commissariat en matinée
Le parquet de Bruxelles a confirmé une information donnée par le quotidien Le Soir, à savoir que le suspect s’était présenté jeudi matin dans un commissariat d'Evere en expliquant son intention de commettre un attentat contre des policiers. "Vers 10h, une personne s'est présentée au commissariat se situant Square S. Hoedemaeckers à Evere. Elle tenait des propos incohérents, parlait de la haine contre la police et demandait d'être prise en charge au niveau psychologique", détaillait le parquet de Bruxelles.
"Conformément à la procédure, les services de police ont pris contact avec le magistrat de garde du parquet de Bruxelles demandant de lancer la procédure de mise en observation psychiatrique prévue par la loi du 26 juin 1990", détaillait le parquet. "Après vérification, il est apparu que la personne ne remplissait pas les critères légaux, compte tenu du fait qu'elle était prête à se faire soigner psychologiquement volontairement."
"Les services de police ont, à la demande du magistrat de garde, accompagné la personne au sein de l'unité psychiatrique des Cliniques Universitaires Saint-Luc pour une prise en charge. La patrouille de police est restée sur place jusqu'à la prise en charge de la personne par les infirmiers." Plus tard, les policiers ont repris contact avec l'hôpital afin de vérifier si la personne avait été gardée en observation. Il s'est alors avéré qu'elle avait quitté l'hôpital”.
Réactions politiques
"Nos policiers risquent leur vie au quotidien pour assurer la sécurité de nos citoyens. Le drame d'aujourd'hui le démontre, une fois de plus", a réagi jeudi soir sur Twitter le Premier ministre Alexander De Croo. "Mes pensées vont à la famille et aux amis de l'officier décédé. Mon espoir sincère est que son collègue hospitalisé se portera bien", a ajouté le Premier ministre.
"Quel drame horrible. Cet événement me brise le cœur", a réagi de son côté la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (photo archives), qui est aussi ministre de tutelle de la police. "Mes pensées vont avant tout aux proches, aux membres de la zone de police et à l'ensemble de la police. Je suis la situation de près et reste en contact étroit avec le bourgmestre, le chef de corps et les services de police. Cette violence est inacceptable", concluait la ministre de l’Intérieur.
Le syndicat SLFP furieux
Le syndicat SLFP Police dénonçait jeudi soir dans un communiqué "un énième cas de violence contre la police dans la Région de Bruxelles-Capitale". "Un jeune collègue motivé de 20 ans est décédé aujourd'hui après des violences insensées contre la police (...) Et les hommes politiques, comme d'habitude, condamnent puis regarderont ailleurs le lendemain. Comme ils le font depuis des décennies", martèle le syndicat.
Le syndicat estime que la Justice porte aussi une responsabilité "écrasante": "Les années d'impunité à Bruxelles et dans d'autres grandes villes contribuent au fait que les auteurs de violences à l'encontre de la police et d'autres personnels de secours n'ont que peu à craindre. La Justice ne parvient toujours pas à collecter les chiffres exacts de la violence contre la police... Et encore moins d'en faire une priorité". "Chers politiciens, chers magistrats, rassurez-vous... Nous réagirons très fort !", concluait le syndicat.

