L'homme politique Leo Delcroix, membre du CD&V et ministre de la Défense au début des années nonante, est décédé mercredi à l'âge de 72 ans. Des funérailles publiques auront lieu le mercredi 9 novembre en l'église paroissiale de Notre Dame de Fatima à Genk.
L’ancien ministre Leo Delcroix est décédé, c’est lui qui avait mis fin au service militaire obligatoire
Après les élections du 24 novembre 1991, Leo Delcroix est coopté comme sénateur. Il devient par la suite ministre de la Défense et entame rapidement un plan de réforme en profondeur de l'armée, assorti de la suppression du service militaire obligatoire et d'un gel du budget jusqu'en 1997.
La villa de Bormes-les-Mimosas
Très vite pendant son mandat de ministre, il fait face à des accusations de financement illégal du CVP, ce qu'il nie. En décembre 1994, il est à nouveau sous le feu des critiques après qu'il est apparu qu'il a menti à l'hebdomadaire Humo au sujet de sa villa de Bormes-les-Mimosas, dans le sud de la France, dont la construction se serait faite au noir avec l’aide de travailleur de la poste. Sous la pression du parti et du Premier ministre Jean-Luc Dehaene, Leo Delcroix présente sa démission le 8 décembre 1994.
Il est toutefois encore élu sans problème au Parlement flamand en 1995, mais sa carrière politique commence alors à se détériorer rapidement. La presse sort régulièrement de nouvelles affaires contre lui et son nom devient de plus en plus synonyme de fraude financière.
L'affaire des "boîtes vertes"
Il est finalement poursuivi en justice, après une enquête sur l'affaire des "boîtes vertes" dans laquelle la société Plascobel a obtenu un contrat en échange de dons illégaux aux CVP. Le tribunal correctionnel de Hasselt le condamne en 2003 pour faux et usage de faux. La cour d'appel d'Anvers juge toutefois en juin 2004 que les infractions étaient prescrites.
Après sa carrière politique, M. Delcroix gagne sa vie en tant que représentant en boissons pendant un certain temps et occupe le poste de directeur de la Maastricht School of Management de 2001 à 2003.
Le pavillon de l'Exposition universelle de Shangai
En 2008, le gouvernement Leterme le nomme commissaire général adjoint de l'Exposition universelle de Shanghai 2010, sous la direction du commissaire Robert Urbain, qu'il finira par remplacer. Il parvient alors à renflouer le projet, réaliser des bénéfices à Shanghai et vend ensuite le pavillon pour 4,6 millions d'euros.
La Cour des comptes décide toutefois de lancer une enquête sur les relevés bancaires de Delcroix après que des questions ont été soulevées concernant l'appel d'offres public pour le pavillon et la distribution du produit de la vente. Les conclusions de la Cour sont cinglantes: tant de règles ont été bafouées qu'un audit des finances est tout simplement impossible, selon le rapport.
Néanmoins, le gouvernement Di Rupo nomme de nouveau Leo Delcroix comme commissaire du pavillon belge pour l'exposition universelle de Milan, ce qui lui vaut un nouveau rapport accablant de la Cour des comptes. A l'exception de la construction du pavillon, aucun marché public n'a été passé pour choisir des partenaires.
Fin 2018, Leo Delcroix annonce la fin de son mandat à l'UHasselt pour cause de maladie. Il en était le président depuis 2010. L'ancien homme politique est décédé le mercredi 2 novembre 2022.
